Les Egoèmes #35 – Tout en un
Très heureux de poster ce sujet le 2 avril et pas le premier pour éviter tout soupçon de blague, alors on y va !
Et le thème de ce mois d’Avril c’est “Tout en un”.
Allez-vous chercher LE vers ? LA thématique universelle ? La panacée de la poésie ? Ou au contraire allez-vous démultiplier les approches poétiques à la manière d’un grand bazar florissant et bouillonnant ?

Le thème est laissé à la libre interprétation des participant·es
🖋️ Comment participer ?
Vous avez une semaine pour envoyer vos créations.
📅 Date limite : jeudi 9 avril 2026 à midi
📩 Adresse : egoemes @ larathure.fr (sans espaces)
Dans votre mail, précisez :
- le titre de votre texte
- votre pseudo
- votre compte Instagram
- votre adresse mail
- votre texte (❗dans le corps du mail, pas en pièce jointe !)
Et n’oubliez pas de vous abonner à @larathure et @lesegoemes (promis, je ne me vexerai pas si c’est juste pour la durée du concours 😄).
Comme à chaque édition, un texte de calibrage sera partagé pour aider le jury dans son évaluation.
Le jury de cette édition
Les jurys de cette édition sont les lauréat·es de la précédente édition :
Retrouvez leur présentation et toutes les actualités du concours sur la page @lesegoemes.
Il est temps d’écrire le tout pour le tout !
Texte n°1 – Tout en « un »
Ma mine s’essouffle et court après le temps qui passe
En vain
Mes mots se répètent inlassablement dans ce jour
Sans fin
Je les observe s’entremêler derrière cette vitre
Sans teint.
Par une secrète alchimie donner vie à cet Alexandrin.
Où ils perdent pieds pour je puisse prendre
Les miens
À mon coup d’essai d’y mettre du cœur et de L’entrain
Tranchant comme la lame d’une épée forgée dans des temps
Ancien
Et précipite la chute des rimes de mon poème tout en « un »…
Texte n°2 – GLOBE
Globe à la paroi cristalline,
Embaumé de tant de vice
Opaque fumée, poussière et ruine,
Ombrageant des conflits sans justice,
Cachant aussi bien guerre que nouveau-né,
Dans ta brume dense et tourmentéeentre…
Haine et passion,
Fleurs et moisson,
Simple dune à désert,
Clapotis d’une larme à torrent de pluie,
Tout en un monde, Et sa robe…
Cristalline paroi d’un globe
Texte n°3 – Le poème qui se définit
Telle Hera dans la verdure,
Je me débarrasse de toutes fournitures,
Pour être enfin :
Tout en un !Du poème banal,
À la référence mythologique,
Au flou artistique,
En ne pensant pas à mal.Car je suis tout !
Oui, je suis !
Texte n°4 – Poète de l’universel
Entre les fissures d’un monde qui hurle de dissonance
Confiné dans des mœurs de haine et rancune sans échéance
Je suis le poète meurtri qui tient les mots en verve miracle
Contre l’égoïsme des cœurs qui clivent l’universel en sa débâcle.Les géographies sont régis par des pays prudents qui s’isolent
De communauté et peuples divergents qui rarement se mêlent
Dans un ensemble fragmenté par des enjeux de prospérité folle
Je viens balayer les cendres d’une histoire millénaire de querelles.Des tribus sélectives pour une issue meurtrière s’implique
Où s’élèvent des contradictions aux desseins hérétiques
Ma plume déjoue les camps qui fractionnent des cultures
Je milite par une prose vindicative conte l’effigie de ruptures.J’écris des vers ivres de communion qui érigent dans l’âme
Un amour universel sans division de races ni cloison infâme
Je prêche la saveur des repas savourés en mondanité mixte
Sans renier l’altérité qui fait de chacun un citoyen altruiste.Mes mots sont une arme agile qui joint des voix hétéroclites
Un écrin de réflexion dont s’indignent des êtres sans mérite
J’abrite en moi la colère contre une ségrégation vilaine
Dont mes textes portent l’espoir d’une unité pérenne.Je suis le poète à la plume habile qui veut transposer tout en un
Les relations humaines qui se délitent pour des motifs inopportuns
Je mets la lumière sur l’équilibre fragile qui disperse l’amas solidaire
Que mes strophes viennent réunir en un bloc d’humanité prête à s’extraire.
Texte n°5 – A mon bourreau
Il disait que j’étais trop.
Trop de tout.
Trop pour lui.
J’étais le pion déplacé, la règle qu’il tordait,
le « je » dont il tenait l’issue.
Mais qui suis-« jeu » ?Je suis un trop-plein de vie,
une essence légère qui pèse sur le cœur, chère,
une passion qui badine avec la déraison
et déclare sa flamme à la dérision
pour ne pas sombrer dans la pénombre.Je suis trop de pas,
toujours mille sur les pistes,
ils friment avec le risque,
ils s’enlacent, se délacent,
s’égarent sur des routes qu’il voulait tracer à ma place.Je suis trop d’égoïsme,
celui qui cherche une rime pour respirer,
évite les prisons et réclame la largesse.
La faux est une dame polie,
mais aux jeux du destin
elle renverse toujours les rois.
Je ne voulais pas mourir avant d’avoir couru.Et puis je suis trop d’Amour.
Gentleman d’aventure,
jeune fille affolée,
je rame, je me palme, je suis quille, je vrille,
mais je vis, je vis.Je suis l’âme qui s’effile sur le fil du funambule,
somnambule des égocentriques,
ces bourreaux sans ailes.Je suis aussi ciel entre les dents,
sourire qui éclate, jamais chaste,
cri qu’on étouffe,
réalité qu’il a tordue.
Où sont mes ailes ?
Brûlées.
Je suis fumée noire, terrée dans son trou.Alors je me suis faite plume.
Dune.
Sable trop fin cherchant une rive.
Je me suis faite règle d’un jeu dont je ne connaissais plus les lois,
je me suis perdue encore, encore,
jusqu’à trouver enfin la sortie,
la sortie de lui.Il était mon tout.
Je n’étais plus rien.Aujourd’hui je deviens ce tout.
Ce tout en un.
Et je le souhaite à chacun :
qu’un jour le rien reprenne chair,
qu’il devienne voix,
et qu’enfin il marche debout
hors du royaume des bourreaux.
Texte n°6 – la contradiction est à son paroxysme
J’ai cru ne jamais le penser.
Comme si c’était interdit d’en avoir même l’idée.
Depuis petite, me dénigrer était la seule façon que j’avais pour m’assumer.
Entre ratée et pas assez bien j’ai toujours eu l’habitude de me qualifier.
Je n’ai jamais osé me féliciter peu importe ce que j’avais réussi à faire ou à surmonter.
Dans les yeux des gens j’ai toujours cru lire que j’étais trop ou pas assez.
Comme si on rangeait les gens entre l’excès et l’insuffisance, avec au milieu un acceptable.
ACCEPTABLE ce mot me donne presque la nausée.
J’ai pourtant essayé mille fois d’en faire parti.
Mille fois à me dire que seul ce mot pourrait m’aider à m’aimer rien qu’un peu.
Et puis j’ai ouvert les yeux…
J’ai compris que l’insuffisance de certains était le paroxysme d’autres.
Que l’acceptable n’existait pas.
Qu’être sois même était l’unique option.
Alors, j’ai continué à avancer sans savoir où tout cela allait me mener.
Parfois, il m’arrive de lire dans les yeux des gens que je suis juste ce qu’il faut.
Qu’être un mélange de démesure et de déficit était peu être le mieux pour coexister.
Grâce à la bonté de toutes les personnes que j’ai pu rencontrer.
J’ai réussi pour la premier fois à me féliciter.
Avec l’aide de tous ces gens, je me suis enfin remercier d’être l’éternel contradiction de tout ce que j’aurais pourtant aimer être…
Texte n°7 – Tout en un paradoxe vivant
Je suis l’aube qui fait frétiller dans le noir
Une lueur torride qui consume les déboires
Je suis le crépuscule où les certitudes sont doute
Le chaos dense des heures miteuses sans écoute.Je suis le feu qui attise les rêves fleuris en sommeil
Je suis la rive lucide qui fracasse leurs bourgeons au réveil
Je suis le froid qui givre les mains laborieuses pleines d’entrain
Je suis la glace qui gèle les regards purs sur un monde en dédain.Je ne suis pas une ligne droite qui guide des pas équilibrés
J’abhorre les chemins linéaires sans détour ni carte dévoyée
Je suis le carrefour de voies communes qui osent plusieurs réussites
Je suis le lien qui réunit tous les vœux en un croisement émérite.Je préconise la discipline et la paresse en de vaines minutes
Pour prévaloir des efforts futurs qui bâtiront de nobles chutes
Je marque les esprits de gestes propices et mouvement fainéant
Pour que des joies préméditées se heurtent sur des murs stagnants.Je colporte des mots retors qui jubilent sur des langues naïves
Quand se dessinent leurs failles contre des paroles hâtives
Je suis le paradoxe vivant d’un cœur farouche et tranquille
Qui porte en lui les modalités d’un essor mis tout en un péril.
Texte n°8 – Le vide qui contient tout
Le tiroir demeurait,
gardien d’un temps silencieux,
contenant en lui tout :
des rires encore suspendus,
des larmes séchées au vent,
des mots dits — et ceux restés derrière les lèvres,
des promesses tenues, brisées.Les étagères respiraient
les folies, heures volées,
l’odeur du pain chaud,
la pluie, le soleil,
les couleurs d’un été disparu,
le froid d’un hiver sans retour,
le murmure des saisons.On l’appelait le casier hanté,
mais il portait aussi
les joies,
les amours défaits,
les espoirs sans lendemain,
les rires que plus rien n’éveille,
les vies qui n’ont jamais eu lieu.Sa serrure gardait une clé
qui gémissait à chaque adieu,
à chaque souffle d’univers,
à chaque battement oublié.Le tiroir, fatigué d’être fantôme,
vibrait de tout ce qu’il contenait :
le monde entier,
ramassé dans un seul vide
un vide qu’on effleure à peine,
et qui pourtant est tout.
Texte n°9 – Ancrage tout en un
Comme un fruit largué sous plusieurs arbres
Mes ancrages triples font un vice de palabres
Je suis la contradiction de trois terres indociles
Qui me procurent le frisson d’une identité fébrile.Née sous le béton d’un Occident froid et austère
J’ai appris à enlacer mes autres origines sévères
Je suis la croisée de trois continents qui traînent le même récit
Un point cardinal entre ces nations qui en demeurent ennemies.Une histoire conjointe qui rime avec des siècles de remous allègres
D’une traite transatlantique qui força en martyrs de pauvres nègres
Des esclaves parqués dans des Négriers pour travaux champêtres
Aucun remords ponctuels pour ces colons sans culpabilité à démettre.Je porte en moi la promesse vigoureuse d’une unité triangulaire
Afrique, Europe, Amérique qui s’imbriquent sans hiérarchie dans ma chair
Ni commerce ni traite des noires ne sera plus l’héritage salutaire
Car je deviens le fils pluriel qui déconstruit une mémoire sanguinaire.Je me bats pour faire rayonner la flamme de l’union solide
Une bannière commune pour vaincre les digues d’amour aride
Je trace le sillage d’une fraternité cosmopolite sans intérêts avides
Qu’une diplomatie fourbe ne viendra plus souiller par ses valets perfides.Alors si l’Europe raille ma peau basanée qui me tient en rebut
Si l’Afrique m’assène un accent roulé pour des cheveux crépus
Je dompterai l’anarchie cynique de mon Amérique déchue
Car règnent en moi les gènes d’un ancrage tout en un vécu.
Texte n°10 – Simple appareil (Une Toute Nue)
Je me montre
Je t’aiguille mille et une minutes en arrière
Je remonte le temps
Le temps libre des fesses à l’air
Sur un air de tralalala-nananère
Ce n’est pas l’air du temps de ta grand-mèreJe te montre
Mon tortillage cliquetant à l’air
J’oscille et je vibre en mouvement perpétuel
Mon rituel te fatigue
Saute un petit saut trotteuse mécanique
Une plus une minute plus une minuteLe temps passe
Montre en main sauras-tu arrêter
Le ressort de mon cœur le rotor
La rouille de mes rouages l’encre sur mon papier
En mon simple appareil viendras-tu me chercher
Morte main ton doigt sur le poussoir
Texte n°11 – Poupées Russes
Poupées russes
Membres
souffle
peau
tout à la foischacun s’appartient
et respire le monde…
Poupées de terre
pantins d’autruion se joue
du désir des autresau gré
de nos attitudes…
Champs de nos désirs
joie
du corps des autrestout s’appartient
avec flegmeon respire l’humeur
de son alter ego…
ciel
mer
caprices
tout à la foisnos lubies
nous bonifientchacun ses combats
ses pâturages…
ciel
mer
capricesnos dedans
nos dehorsc’est tout en un
ou rien
à la fois
Texte n°12 – Tout en un
Femme millefeuille
Miroir inconnuTrouble
Tout en un
Tout en unJe m’agrège
me dilue
me dissousTout en un
pour presque rien
Texte n°13 – Mon atelier
C’est absolument parfait.
Tout est là, rien ne manque.
Le parfum d’un bon café,
La vue sur les calanques.
Mon ciel est si bleu ce matin.
Un seul petit nuage blanc,
Niché en l’horizon lointain,
Comme un salut d’un geste franc.
Souffle une brise très légère
Qui me porte les sons naturels
Les vagues brisées éphémères
Le doux chant d’une tourterelle
Le Soleil en Témoin majestueux
Sublime en éclats lumineux et chauds
Le décor pour mon esprit sinueux
Cherchant à écrire un poème très beau
L’instant tout-en-un tel un cadre idéal
M’inspire à pouvoir enfin m’y atteler
Les mots plongent, ils me viennent en rafales
La Nature est devenue mon atelier
Texte n°14 – Tout en une
Je suis
Maman magicienne
Semeuse d’étoiles
Phare en plein tournantJe tente
D’être une enfant sage
Une amie fidèle
Une amante aimant[e]Je rêve
D’écrire et de vivre
D’écrire et d’en rire
D’écrir[e] pour le[s] dire[Parfois]
Je sombre
Perdue dans la fatigue et les cris
Dans la complexité de la vie
Cette atroce impuissance infinieJe jongle
Entre rire et larmes
Unissant mes armes
Écoutant mon âmeJe vis
Pour partager et rêver
Pour grandir et [m’]élever
Pour comprendre et [ré]apprendreJ’avoue
Ce poème est moins travaillé
Rimes et pieds moins peaufinés
Pour tout parfaire en une vie
Il faut lâcher lest et autrui
Texte n°15 – Coucou Chagrin
Coucou chagrin de rien du tout
Terrain tabou des jours sans rien
Parfums dissous de n’importe où
Destin debout, tout en unJ’ai traversé des ponts d’histoires
Entre la mort et puis ses foules
J’ai pactisé avec le noir
J’ai dévissé les ampoulesQuand j’ai changé le faux des pleurs
J’ai mis du son dans la crécelle
J’ai cultivé le flux des fleurs
Et j’ai failli en flanelleJ’ai tenté le tout pour le tout
J’ai gratté cochon sous sabot
J’ai suivi les sons et les fous
J’ai mélangé mon méloJ’ai pris les coraux pour licorne
Dans cette époque à qui vieux vieux
J’ai inhalé le chloroforme
En faisant frire les adieuxJ’ai voulu cracher sur les dunes
En suivant les traces et les routes
C’est dans les vieux mots des lagunes
Que j’ai fait mes meilleurs doutesCoucou chagrin de rien du tout
Terrain tabou des jours sans rien
Parfums dissous de n’importe où
Destin debout, tout en un.
Texte n°16 – Ecran total
Loin des cerisiers
Soigner l’unique écran
Soleil irréel
Texte n°17 – Tout ou rien
Je suis
Tout ou rien
Rien du tout
Tout un drame
Ou tout juste une larme
Un grain dissous
Ou soudain
Un félin
Que l’on craint
Une poussière
Oubliée ou
Une rivière
MouvementéeDans ma chair
Je suis tout
Ou presque rien
Tout un foin
Ou à peine une aiguille
Un poussin fragile
Au sein de sa coquille
Une fine brindille
Ou un courant
Qui crie, qui luit
Qui s’enfuit
Sous l’orage
Et la pluieJe suis
Tout ou rien
Rien qu’une goutte
Tout au plus
Ou un vaste pré
De jasmin
Qui pousse
Qui n’a pas besoin
Ni d’engrais ni de rien
Pour répandre partout
Son parfum le plus douxJe suis
Tout ou rien
Rien du tout
Tout en moi
Est émoi
Ou secret
Soit ma voix se tait
Soit elle avoue en vain
Le plus fou
Le plus flou
De toutes mes pensées
Texte n°18 – Un Tout
Partout il y a des uns.
Ces uns ont chacun leur vie.
Les uns avec des uns
Les uns avec les unes
Les uns avec des eux.Chaque un est pour lui un tout
Un tout en un seul un.
Tout-content ou tout-venant ou tout-puissant.
Tout en un.Ces un tout sont partout
Ensemble, ils forment un Tout.
Ce Tout est le principal atout
A tous et pour tous.
Un Tout plus fort que tous en un.
Texte n°19 – Décroissance
J’ai tenté de mettre ma vie dans un poème
Petit à petit l’espace s’étrécit
Et ne reste plus qu’un bout de terrain
C’est plus facile quand on perçoit
Qu’il y a des limites sûres
Et voici l’heptasyllabe
À mesure que l’on
Délimite terre
Le rêve efface
Proportions
Tout en
Un
Texte n°20 – Faites un voeu
À la claire fontaine de la place des innocents
m’en allant promener un lundi férié
je me suis arrêtée pour faire un vœu.
Il suffisait de jeter une pièce de monnaie
comme à Rome j’ai joué le jeu
fermant les yeux je me suis retournée
et j’ai pensé tout bas l’air de rien
vraiment comme si de rien n’était
j’aimerais ceci plus cela et plus encore tout en un
dieu seul sait ou peut-être Toutankhamon
ce que ça signifieÇa ferait un drôle de cadeau à déballer
le tout-en-un du plus petit au plus gros
comme des poupées russes ou des boites gigognes
qui font penser aux cigognes et leurs nids sur les toits des cheminées
ou les cheminées des toits c’est selon le niveau d’ambiguïtéD’où viendrait-il le cadeau, mystère et boules de gomme
à mâcher couleur verte et goût menthe s’il vous plaît
j’ai trouvé l’eau si belle que je m’y suis plongée
les pieds d’abord puis en dernier la tête
alouette je te plumerai
moi la poétesse en goguette qui avait hâte
d’explorer la fraîcheur interdite
me suis fait embarquer pour baignade illicite
et mon vœu alors ai-je clamé
sera-t-il exaucé ?
Mystère et boules de gomme
à effacer
m’a-t-on répondu sur l’air du
tralala la, ou de la Traviata,
je ne sais plus.
Texte n°21 – ARTEMIS
L’homme, ce passager tout en un, des fanges de la terre,
A brisé le vieux sceau de la face caché de la lune mystère.Regardez ! Le voici, titan de fer vêtu,
Qui monte où l’aigle même expire, abattu.
Le char de feu frissonne et l’éther se déchire ;
L’azur n’est plus un ciel, il devient un empire.Adieu, clochers penchés ! Adieu, fleuves d’argent !
Le globe n’est plus rien qu’un atome changeant,
Une perle qui tremble au fond d’un gouffre sombre,
Tandis que nous voguons vers la source de l’ombre.Ô gouffre ! L’esprit plane et le métal voyage.
Nous laissons derrière nous l’éclair et l’orage,
Le cri des nations, le fracas des cités,
Pour l’immense silence aux froides puretés.La nef, comme un esprit que le destin emporte,
Heurte du front le seuil de la céleste porte.
Qu’est-ce donc que ce vide où l’astre est suspendu ?
C’est le Tout, c’est le Rien, c’est l’Espace éperdu !Et nous allons, portés par l’audace sacrée,
Chercher le point d’appui de toute la création.
Et soudain, la voici ! La pâle souveraine,
La blanche Artémis, la muette sereine,Surgit du noir linceul avec son front d’argent.
Elle n’est plus ce rêve au rayon indulgent
Que le poète appelle en sa mélancolie ;
C’est un monde de pierre où la vie est oubli.C’est un chaos de pics, de gouffres, de vallées,
Où dorment, sans échos, les ombres exilées.
C’est le cadavre blanc d’un astre sans demain,
Attendant, immobile, un premier pas humain.Les cratères : Bouches d’enfer désormais refroidies.
Les mers de poussière : Océans sans vagues et sans voix.
La lumière : Un glaive dur qui coupe l’ombre noire.
Ici, le temps s’arrête et l’espace se fond.
Dans ce miroir désert, l’abîme est si profondQu’on y voit l’unité de l’œuvre universelle.
L’atome est un soleil et l’âme une étincelle !
Tout se rejoint enfin : la cendre et le rayon,
La machine d’acier et la religion.L’homme, en touchant ce sol de silence et de givre,
Comprend qu’ailleurs aussi le Grand Être s’enivre.
Dieu n’est pas seulement dans l’herbe du vallon,
Il est dans le néant de ce morne horizon.Tout est dans Tout : l’immense est dans la petitesse,
La force est dans le vide et l’ordre en la détresse.
Ô Voyage ! On revient de ce bord étoilé
Avec un cœur plus grand, d’un mystère voilé.
On a vu, sous ses pieds, la Terre, cette boule,
Où l’insecte humain court, se lamente et s’écoule,Et l’on comprend alors, devant l’immensité,
Que l’Amour est le poids de notre éternité.
Artémis, lune sombre, au visage de craie,
Tu n’es plus une peur, tu n’es plus une plaie ;
Tu es le marchepied où l’homme, en son essor,
Va lire enfin le nom du Dieu qui l’aime encore !
Texte n°22 – Fille du silence et du souffle
Je suis la réalité et le rêve,
Le frisson qui devance l’aube,
Et la paix qui vient après la tempête.
Mes bras portent la nuit,
Mes lèvres apprivoisent le jour.Sous ma peau, le feu murmure à la pluie,
Et dans mes yeux se réfugient des fragments d’infini.
Tout ce que je touche s’unit, s’accorde,
Comme si l’univers cherchait toujours son centre
Au creux de mes mains ouvertes.Je suis la fille du silence et du souffle,
La mémoire des chemins qu’on efface,
La promesse qu’on étreint sans la nommer.
Et quand je dis « je »,
C’est une foule qui parle,
Une mer entière qui respire à travers moi.Tout en un,
C’est mon cœur plié dans le vent,
C’est l’histoire de mille femmes
Qui se relèvent chaque matin
Pour réinventer le monde,
Avec un seul mot,
Un seul battement.
Texte de calibrage par La Rathure – I
Dans un monde de zéro et de un,
Je cherche les lettres de mon chemin,
Dans le labyrinthe des devins
L’humain,
Demain,
Comme un
Commun,
Atteint,
Enclin,
Aux mains,
Son destin
D’étain,
Et s’éteint,
Je décline à en perdre mon latin,
Dans les outrances des Tarquin,
Et les silences des Romains.
Soutenez les Égoèmes sur TIPEEE grâce au don mensuel pour permettre de développer cette rencontre poétique : mise en place d’un prix des tipeurs, d’un prix du public et de bien d’autres choses…
Et merci à BB2, Idéesdodues, Florent, Thomas, et un Nicole de soutenir le projet La Rathure sur Tipeee !