Les Égoèmes

Les Égoèmes #39 – Je suis une pièce nouvelle (de mon propre puzzle)

image_pdfimage_print


C’est la rentrée, et il est temps de relancer la machine après que les automates se soient grippés !

Et le thème de ce mois de septembre 2026 c’est “Je suis une pièce nouvelle (de mon propre puzzle)”.
Saurez-vous compléter votre texte en suivant un modèle qui vous est propre ? Tomberez-vous sur la pièce manquante ? Ou sur celle qui ne s’emboite pas comme vous le voudriez ?


💡 Libre à vous de l’interpréter comme vous le souhaitez !

🖋️ Comment participer ?
Vous avez une semaine pour envoyer vos créations.
📅 Date limite : jeudi 10 septembre 2026 à midi
📩 Adresse : egoemes @ larathure.fr (sans espaces)

Dans votre mail, précisez :

  • le titre de votre texte
  • votre pseudo
  • votre compte Instagram
  • votre adresse mail
  • votre texte (❗dans le corps du mail, pas en pièce jointe !)

Et n’oubliez pas de vous abonner à @larathure et @lesegoemes (promis, je ne me vexerai pas si c’est juste pour la durée du concours 😄).

🎓 Les jurys de cette édition sont les lauréat·es de l’édition précédente !

@murmuresqalbiyya

Allez les suivre pour les remercier du temps qu’iels nous offrent !

📚 Le règlement complet du concours est disponible ici :
www.larathure.fr/les-egoemes-le-reglement

💌 Faites passer le mot !
Pièce après pièce, composez votre oeuvre !


Texte n°1 – Hors de contours 

Un carton s’entrouvre au silence,
Sous la poussière et les étés,
Et l’on oublie l’ancienne cadence,
Les paysages arrêtés.

Une pièce surgit, rebelle,
Aux arêtes d’un bois nouveau,
Portant une empreinte nouvelle,
Loin du dessin et du tableau.

Elle s’approche, elle bouscule,
Refuse l’angle en son élan,
Là où le contour recule,
Elle renaît au firmament.

Le raccord grince, le carton force,
Mais le puzzle enfin se meut,
Brisant la fragile écorce
Pour devenir ce que l’on veut. 

Texte n°2 – Pièce manquante 

Une énigme pèse en mon esprit confus
Je mène l’enquête sur mon passé déchu
Je traque les indices de ma sombre vérité
Pour recoller les morceaux d’un écrin fêlé.

Le panorama trouble qu’offre mon décor
Rend une image inachevée en désaccord
Un puzzle fracturé par la force des drames
Où la pièce manquante du jeu est mon âme.

J’habite en mon sein une œuvre incomplète
Des trous de mémoire qui cinglent ma tête
Les traits du visage renfrogné font la moue
D’une époque absente où tout demeure flou.

J’ai perdu les traces de ma version obsolète
Quand l’effroi causait des douleurs muettes
Chaque coin où dort un petit bout de souvenir
Devient le centre d’un mystère à déconstruire.

J’entrevois des malheurs cachés qui m’imbibent
Une amnésique démunie qui racolle ses bribes
La toile en fond qui projette des flashs au rappel
Amorce des réminiscences bardées de séquelles

Chaque songe est une porte revêche qui grince
Une traversée abrupte des chemins que j’évince
Je suis en quête de sens d’une œuvre exhaustive
Pour redonner l’harmonie de mon être à la dérive.

Les vestiges de ma chair se sont paumés dans le temps
J’essaie de glaner une peau neuve sans restes tranchants
Les contours qui se forment sont un rouage novice au jeu
Où je suis la nouvelle pièce d’un puzzle propre à mes yeux. 

Texte n°3 – Retrouvailles 

Faut-il une vie entière pour se connaître
s’épanouir se comprendre et peut-être renaître
de cendres froides de sueurs glacées
faut-il de longues heures blanches
à veiller au clair de lunes absentes
des couloirs interminables
des trampolines des arabesques
des labyrinthes un soupirail
pour soupirer de peur
de ne pas s’y retrouver puis soudain
au détour d’une ruelle sombre
revoir la lune dans le caniveau ou bien serait- ce
un réverbère qui fait de l’œil
la part de soi jusqu’alors méconnue
crisse sous l’éclairage blafard
survivante elle roucoule elle ondoie
réclame une place de reine
un piédestal de choix
la voilà enfin qui revient
après des années-lumière
se refaire une beauté
son boulot de mastic
d’enduit de rebouchage
de spot de cinéma.

La nouvelle part de soi s’imbrique
comme une vieille pièce de puzzle
perdue au fond des âges
depuis la nuit des temps
s’emboîte à sa juste place
et fait briller les chromes
elle s’encastre et rallume soudain
les étoiles du ciel entier
alors vraiment à n’en pas douter
c’est la fête le feu d’artifice
les voix fortes les flonflons
les lumières comme à Versailles
les embrassades les retrouvailles
la musique à fond
les merveilles les délices
et les grandes émotions. 

Texte n°4 – Longtemps 

Longtemps elle a cherché
La place de cette pièce,
Du puzzle inachevé,
De sa vie, ce qu’il en reste.

Un jour, un creux, une bosse,
Elle s’assemble dans ce paysage
Que le destin du pinceau compose,
Et révèle peu à peu son image.

Plus entière, pièce après pièce,
Le flou laisse place à sa beauté.
Elle vieillit, se complète, et avec délicatesse
Se redresse pour enfin exister. 

Texte n°5 – Voyageur errant 

Un voyageur errant divaguant dans le noir
Se perd, soudainement, au cœur d’une forêt —
Des cyprès inquiétants et lugubres cachaient
Au creux de leur tronc blanc, un ancien manoir.

Le voyageur errant court pour se réfugier
Dans cet abri d’antan, unique échappatoire,
À son dam ignorant d’un proche désespoir
D’un méandre troublant qu’il s’apprête à trouver.

Un voyageur errant découvre stupéfait
Au long de chaque instant, traversant sa mémoire,
Que ce lieu étonnant devient son purgatoire —
Chaque pièce, un tourment ; un fardeau, chaque allée. 

Texte n°6 – L’autre en moi 

Je suis là.

Mon corps se crispe.
Ma voix s’efface.

J’entends seulement son souffle
mordre ma nuque.

Il passe sans me regarder,
puis
glisse et s’étend sous mon bras.

Un poids comprime ma cage,
s’incruste sous la chair
et plie mes épaules.

Je reste assis, face à lui.

Sa présence, presque invisible,
fait taire mon univers.

Je veux m’enfuir,
mais il s’accroche à ma chemise,
se faufile entre mes bras.

Le temps semble s’arrêter
avant même que je me réveille.

Une boule naît dans ma poitrine.
Ma respiration se fige.

Je voudrais regarder mon monde,
mais il s’écoule sous mes yeux.

Je n’entends plus aucune voix,
seulement ce calme
qui m’effraie.

Dans le froid,
je le vois arriver
sans pouvoir le retenir.

Je tends les mains.

Elles cèdent.

Mes pieds tremblent.

Seul,
je découvre l’autre.

Quelque chose s’éveille en moi.

Un visage apparaît dans mon miroir.

Je suis là,
sans savoir comment bouger.

Nous nous observons
sans nous parler,

deux étrangers
qui doivent apprendre à vivre
dans la même peau. 

Texte n°7 – Madeleine Rêve 

‎La vie a toujours fait des rêves.
‎Et je me permets de rêver.
‎Je rêve de gratte-ciel,
‎je rêve d’étoiles et de continents.
‎Je rêve de monts et merveilles,
‎je rêve le torse bombé et le cœur gros.
‎Convaincue que les rêves de la vie sont inéluctables.
‎
‎Et vint le jour de les réaliser,
‎ces fameux rêves de la vie.
‎C’est alors qu’un sage m’a prévenue :
‎
‎« La vie est faite de rêves faits d’illusions.
‎Dont le plus sincère se réalise,
‎dans un futur empli d’efforts et d’épuisement »
‎
‎Ne comprenant rien,
‎je poursuis encore l’utopie des rêves,
‎trop beaux pour être abandonnés.
‎
‎Nageant en eux,
‎je ne démêle plus le désir de l’aspiration.
‎Ces rêves autrefois si proches et magnifiques,
‎aujourd’hui me paraissent fantaisistes.
‎
‎Et ces rêves qui m’appartenaient,
‎désormais deviennent étrangers à celle qui les a créés.
‎
‎Alors je me défais.
‎Je me défais pour me refaire,
‎pièce par pièce .
‎Car je ne suis pas une pièce perdue,
‎Je suis une pièce nouvelle
‎de mon propre puzzle
‎Et je choisis de rêver autrement.

Texte n°8 – La toute nouvelle moi 

Mes anciens contours ne me définissent plus,
J’ai laissé au passé les formes qu’on me traçait.
Bien plus qu’un simple changement dans le temps,
C’est un renouveau qui redonne espoir à mon puzzle.

De cette vie qu’ils voulaient m’imposer
À celle que j’ai choisi de mener,
J’ai su recadrer leurs limites
Pour enfin devenir celle que je suis.

À présent, je ne suis plus celle
Qui se nourrit de leur approbation,
Mais la toute nouvelle moi,
Ni à moitié, ni en reste.

Aujourd’hui, je laisse l’envie m’emporter
Vers un nouveau paysage à explorer,
Pour voyager enfin pleinement
Et respirer le parfum de la liberté.

De cette fin qui ressemble à un renouveau,
La dernière pièce vient d’être posée,
Et l’éclat du tableau prend enfin vie. 

Texte n°9 – Plus qu’un détail 

Je ne connaissais pas cette partie de moi qui comme une pièce de puzzle s’ajoute aux autres pour former mon paysage intime 

Texte n°10 – L’inconnue d’hier 

Elle brillait comme une lampe cassé
Boudant d’éclairer mon chemin feutré
Une ombre tapie dans les coulisses de mon égo
Meurtrie par les embûches d’une vie sans repos.

Je la sens surplomber ma volonté de contrôle
Et prendre du terrain sur l’ancrage de mon rôle
J’investis les marges depareillées de mon destin
Fouillant la pièce absente de mon puzzle en vain.

J’ai fait d’elle mon automate par défaut
Une part de moi qui dessert mes propos
Je me sens étrangère en mon antre mécanique
Par ce double en moi qui fait office de réplique.

Chaque fragment passé est un casse-tête
Un mystère où l’inconnu d’hier en moi s’entête
Je la laisse se dissoudre en vieux morceaux
Pour assembler les pièces d’un nouvel écho.

Bâtie dans le sillage désuet d’une vie frêle
J’ai attendu les ressacs de ma voix qui bêle
Dans les silences d’un corps sans émotions
J’ai dejoué les remparts de mes inhibitions.

Je ne veux plus reconnaître son emprise
Et faire cesser l’empreinte de ses maux
Dans l’élan d’un souffle où je fends la brise
Je pourfends le mouvement d’un geste faux.

Désormais maître d’un jeu où je tiens les rennes
Je suis une nouvelle pièce d’un puzzle en scène
Ma propre effigie qui rompt avec un visage ancien
Pour que s’emboitent les traits d’un corps souverain.

Mon mouvement est devenu un vœu arbitraire
Une réponse violente contre l’énigme à défaire
Briser l’inconnue d’hier qui fissure mon tableau
Et réunir les éléments d’une fresque sans fléaux. 

Texte n°11 – iel 

Je ne suis pas une île

et je n’ai pas d’aile

ne suis ni il, ni elle



Je suis l’ange sans aile,

mais pas un ange sans lui



Étranger à l’eau de sa propre île,

il est comme sans peau sans elle

Sans elle comme mère nourricière,

le sel de la mer lui ronge l’aile



Transgressivement inverti•e

inversement transi•e 

Texte n°12 – Pulvérisée 

Elle.
Étincelle de lumière,
Graine d’éclair
À fleur de mer,
Au crépuscule
Un peu solaire
Comme une étoile
Dans l’univers

Elle.
L’enfant d’un chardon
Et d’une ronce
Au milieu des orties,
Elle s’écrit sans bruit
Sous des sceaux de cris

Bras gelés,
Amour figé,
Vide sans contour
Dépourvu d’amour,
Vertigineux,
Lourd

Pas d’autre choix
Que d’avancer
Tête baissée,
Mais une force
Inespérée
S’est imposée

Doutes calcinés,
Peurs balayées,
Menton levé,
Regard d’acier,
Peau cuirassée,
Force imposée

Elle.
Celle qui ne comble
Aucun vide,
Imposant sous les vents
Sa géométrie,
Sans racine et sans patrie
Sur le tranchant du destin

Elle.
Celle qui redessine
Le soleil sur les ruines
Dans le creux de l’abîme,
Un feu intérieur
En lame de fond

Elle.
Celle qui ne demande pas
La permission,
Qui court vers l’horizon
Plus que de raison,
Un élan viscéral
De femme fatale,
Magnétique,
Sans artifice,
Impulsive, révoltée,
Enragée, déterminée
À vaincre l’échiquier
Du passé frelaté

Elle.
Pièce nouvelle
D’un puzzle d’aquarelle
Taché d’encre rebelle 

Texte n°13 – Dissectée 

Ils t’ont passée
Au microscope
De la bien-pensance
Tu le savais
Pour toi aucune chance
– À moins qu’ils soient myopes ?

Tu serais bientôt fichée
Parquée
Découpée
Au scalpel
Pour t’examiner
Du cerveau à la moelle

Leur objectif ? Trouver
La patiente zéro
Cause de tous leurs maux :
Pourquoi les contaminées
Posent-elles problème
En pensant par elles-mêmes ? 

Texte n°14 – Je suis une carte nouvelle dans mon propre puzzle 

Je croyais longtemps que la partie était écrite,
Qu’il y avait à chaque carte, son rang,
Son symbole et sa couleur,
Et le destin accordait les mains,
Avant même que je sache jouer.

Puis je le compris :
Je ne suis ni le Roi,
Ni le Valet,
Ni l’As que tout le monde attend.
Je suis cette carte particulière
Qu’un joueur a encore tirée,
Celle qui ne se joue sur aucune table,
Parce que je viens de l’inventer.

Je suis une pièce inédite
De mon propre puzzle,
Un morceau qui ne cherche plus
La place qui lui avait été d’abord réservée,
Mais qui crée l’espace
Où il veut, désormais, s’inscrire.

Il m’est arrivé de perdre,
De n’avoir que de mauvaises cartes
Tandis que les adversaires bluffent,
Souris et cachent le jeu.
Mais chaque défaite
M’a appris à battre différemment les cartes de ma vie.

Aujourd’hui, je mélange le paquet.
Je ne demande plus au hasard
Ce que l’on a prévu pour moi.
Je tire ma carte,
Je joue mon tour,
Je prends le risque
De parier sur celui que je deviens.

Et si demain la table se retourne,
Si le jeu change,
Si toutes mes cartes tombent au sol,
Je les ramasserai une à une.

Parce que je ne suis plus prisonnier du jeu.

Je suis le joueur,
La carte,
La main,
Le hasard,
Et parfois même
C’est moi qui redessine le plateau du jeu.

Je suis une nouvelle pièce
De mon propre puzzle,
Une carte inédite
Dans un paquet qui n’a jamais été joué.

Et cette fois,
Je ne joue pas pour gagner la partie.

Je joue
Pour devenir
Celui qui l’a faite. 

Texte n°15 – En pièce 

J’ai découpé ma vie comme mon corps,
En brique.
Des centaines de pièces sans queue ni tête,
Et pourtant…
J’ai essayé de me débarrasser de certaines pièces.
Aux oubliettes.
L’une après l’autre, comme on égrène un mur,
Pour disparaitre.
Si on enlève toutes les pièces d’un puzzle,
Existe-t-il toujours ?

Puis un jour, j’ai osé regarder l’image en entier,
Affronter le miroir.
Alors, j’ai rassemblé mes pièces éparpillées,
Pour reconstruire.
J’en recherche encore certaines égarées, dissimulées.
Dans mes tiroirs. 

Texte n°16 – Reine de ce puzzle rebelle 

Besoin de changement

De mouvement

De m’envoler

De m’évader



Quand tantôt je me sens

Appariée

Dépareillée

En quête de revirement

D’étourdissement



Comment faire ça

Quand tout est déjà

Calé

Calculé

Millimétré ?



Passer de la douce liberté de l’été

Aux cruelles exigences de la rentrée

Aux interrogations ponctuelles

Possiblement existentielles

Aux moult remises en question

Aux récentes aspirations ?



Devenir une pièce nouvelle

Reine de ce puzzle rebelle

Dans cette danse

Je suis perdue

Rien n’a de sens

Rien ne tient plus

Faut-il partir ?

Tout reconstruire ?



Besoin de changement

De mouvement

De m’envoler

De m’évader 

Texte n°17 – L’Anatomie des Angles Morts 

Je ne suis pas née d’un moule, ni d’un modèle achevé,Je suis une pièce neuve que le monde n’attendait pas,Un éclat de nacre brute au milieu de l’asphalte,Une géométrie étrange qui refuse le pas.

On m’a dit : « Prends ta place. Entre dans les bordures.Le cadre est déjà fait, les contours sont lisses. »

Mais mes bords sont des lames, mes angles des brûlures,Et je refuse d’être celle par qui les vides se guérissent.Regardez-moi de près.

Je n’ai pas la couleur du reste.

Je porte les reflets d’orages que le ciel n’a pas connus, des nuances de silences et des relents de gestes,Un alphabet de cicatrices sur un torse mis à nu.

Si je tente de m’imbriquer dans vos paysages calmes,Le carton se déchire, la structure vacille et geint,Car je ne viens pas combler le manque de vos paumes,Je viens briser le calque d’un dessin trop serein.

Je suis une pièce nouvelle de mon propre puzzle.

Un puzzle dont j’ai moi-même égaré le modèle,Où les rivières s’écoulent vers le haut des montagnes,Où les ciels sont de plomb et les ombres rebelles,Où chaque pièce posée est un cri qui s’accompagne.

Je ne cherche plus la table où s’alignent les vies nettes,Ces existences parfaites que l’on range dans des boîtes,Je suis le fragment libre, l’élément tempête,Qui rend la trajectoire de l’ensemble moins droite.

Voyez comme je vibre lorsque l’on veut me contraindre,Voyez comme je saigne si l’on force le destin,Je préfère rester seule, quitte à devoir m’éteindre,Que de feindre une forme qui n’est pas mon chemin.Je m’assemble à l’instinct, dans le noir, par l’erreur,Je fusionne mes doutes avec mes certitudes,Et si le tableau final doit susciter la terreur,Il aura au moins le mérite de sa propre altitude.

Ne cherchez pas le trou où mon corps pourrait fondre,Je suis le relief pur, l’anomalie sacrée,La réponse brutale à ce qui veut me tondre,L’étincelle sauvage qui refuse de s’ancrer.

Je déchire le cadre, j’explose les frontières,Et dans ce tourbillon d’angles et de débris,Je me dresse, entière, unique et singulière :La pièce maîtresse d’un chaos reconquis. 

Texte n°18 – Quatre derniers ergots 

Je me suis éveillée au seuil de l’hiver

Eparpillée au sein de mes entrailles blessées

Du silence nourrit en peines et en chagrins

Vinrent mes fiançailles avec la solitude



De la tour effondrée ne reste que les pièces

Au milieu de mes ombres elles cachent mes blessures

Gisent là inertes appelant un regard

Rebâtissant le rêve d’une guérison lointaine



Et le temps fut si long de saisons écoulées

Avant que ne reste à mes yeux dévoilés

Quatre derniers ergots lumineux d’espérance

Qui unis aux quatre creux achèvent ma complétude 

Texte n°19 – ADN 

Je cherche depuis longtemps les pièges de mon identité,

Les années ont passé sans rien me révéler.

Je suis une étrangère sans repère et sans ADN,

En quête infinie d’une histoire sans peine.



Je suis une pièce nouvelle de mon puzzle

Qui ne ressemble à aucune autre.

Un peu fragile, un peu bohème,

Pleine de reliefs et de profondeurs,

A la recherche d’une marge où exister. 

Texte n°20 – Cinq vers 

J’avais confié à une ancienne revue
Un petit poème d’à peine cinq vers,
Ajoutant ma pièce minuscule au monde
Pour montrer que moi aussi, j’étais poète.
Alors mon puzzle intérieur a bougé :
La partie de mon être vivant de strophes
Est devenue le centre qui s’agrandit
En repoussant les contours de mon silence.
À chaque nouveau poème, elle s’amplifie
Et intègre d’autres pièces de mon être,
Pour devenir, un jour, le puzzle entier. 

Texte n° 21 – Rassembler les pièces 

Sur le dessin de mon destin,
Dieu m’a placé sur un des bords…
Il a fallu remonter bien des coins
pour en comprendre les abords.

J’ai zoné en périphérie de ma vie
bien longtemps, sans trouver de pièce.
Des choses m’ont fait défaut. Petit,
on ne voit pas les choses comme elles paraissent.

Puis, à force d’emboiter et déboiter
des autres morceaux de puzzle
qui jamais au mien n’appartenaient,
j’en ai trouvé une qui m’a dit: tu n’es pas seul…

La suite a commencé à s’imbriquer.
Les formes ont commencé à prendre sens.
Plus rien n’a été mis de côté
dans la galerie des jours de chances.

On a savouré chaque moment construit
par le dessin de la vie qui unit
les grands moments comme les petits.
Mon puzzle a trouvé son alchimie…

J’ai commencé à comprendre à quoi mener
de mettre bout à bout ce que la vie
voulais nous dire, sans l’expliquer.
Et j’ai pris conscience d’un effroi aussi.

Que même si nos efforts de rassembler
dans l’Univers, l’Amour infini…
Le Diable d’un claquement de doigts pourrait
rendre le fruit du délicieux hasard, anéanti. 

Texte n°22 – Une forme inattendue 

J’ai longtemps cru que la boîte était fermée,
Que les contours de ma vie avaient fini de sécher au soleil.
Je marchais sur une image presque nette,
Un peu terne par endroits,
Mais rassurante comme un vieux parquet qui ne craque plus.

Puis un matin, sans bruit de verre brisé,
J’ai senti au creux de ma paume.
Une encoche qui n’existait pas hier.
Une découpe franche, encore rugueuse,
Qui refusait d’entrer dans les vieux cadres où je m’étais pliée pour faire plaisir aux autres. 

Texte de calibrage par La Rathure – Puzzle

J’erre dans les magazines,
Autant que dans les magasins,
Vide grenier, vie d’usine,
À la recherche d’un rien,

Au milieu des rayonnages,
Sous les soleils de néon,
J’aperçois un assemblage,
Nouveau jeu de construction,

La boîte m’est familière,
Empaquetée sous cellophane,
Je saisis l’exemplaire,
Dextérité de kleptomane,

J’achète celui qui sera le mien,
Les autres paient le leur,
Un cadeau des plus communs,
Comme une seule valeur,

Rentré chez moi, je le déballe,
Des os, des muscles pour tout butin
S’étalent partout sur la table,
Menues pièces de mon larcin,

Je suis la notice ou le modèle,
Et cette image comme référence,
Pour correspondre au visuel,
Du jeu de cette différence,

J’articule les os,
J’hausse les articulations,
Je muscle mon ego,
Mon jeu comme solution,

La figurine est complétée,
Elle reste tristement inerte
Mon nouveau corps assemblé,
Ne reste que squelette,

Je n’avais pas prêté attention
Sur la boite, sous le prix,
A cette simple mention,
« Âme non fournie »


Soutenez les Égoèmes sur TIPEEE grâce au don mensuel pour permettre de développer cette rencontre poétique : mise en place d’un prix des tipeurs, d’un prix du public et de bien d’autres choses…

Merci à Nicole de son soutien sur Tipeee.

Et merci à BB2, Idéesdodues, ValD, Thomas, et un Nicole de soutenir le projet La Rathure sur Tipeee !

Laisse un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prochain texte :

0 %