Les Égoèmes

Les Égoèmes #5 – Ce sera l’été

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Les Egoèmes, c’est un concours de poésie que j’organise chaque début de mois sur Instagram.

Pour cette cinquième édition, un thème de début et de fin de saison « Ce sera l’été » !

Pour cette édition, les participant·es ont eu une semaine pour composer et proposer leur texte.
Pour vous tenir au courant des actualités du concours, ça se passe sur Instagram : @larathure

Les jurys de cette édition sont des participant·es de l’édition précédente :
Hey Hin (@hnd_dnh_) (1er prix)
Patrick Aubert (@patito75009) (2ème prix)
Az.u.r (@Az.u.r) (4ème place)
Bonne lecture !


Texte numéro 1 – Combat de coqs

Le sommeil au loin emporte la belle
C’est là que j’aimerai prendre la pelle
Celle qui creusera la mienne
Celle qui me fera londonienne


Regarde la pluie qui ne coule plus sur mon visage
C’est qu’à la vie je m’accroche comme la vague au rivage
Laisse-les parler s’ils ne savent faire que ça
Toi tu vis alors écris ce que tu penseras


Je n’ai pas besoin de vos petites blouses bien repassées
Je n’ai pas besoin de votre argent à ne plus savoir dépenser
Alors remballez vos beaux diplômes et sortez les plumes
Sur un bout de papier, ensemble, nous sortirons de la brume
Ce sera bien cela l’été !

Texte numéro 2 – Les patineurs (Ce sera l’été)

Ce sera l’été sous le rideau de cristal,
Éclaté coloré sur singer et singes,
– Haire pour plaire – c’est le muscat
L’archange soldat;
/
Ce sera l’été lorsque les patineurs délaisseront les patins,
Leurs pieds glissant dans le sable,
Comme patinant sur la glace désirée,
Sable fin chaud : miroir du verre,
Sous la tour en ruine. 

Texte numéro 3 – Bonjour, Eté

Chaleureux soleil va bientôt nous conquérir
Juste un instant, ce n’est qu’un au revoir au vent
A l’année prochaine, mon tendre ami, Printemps !
Il prendra soin de nous, va-t-en, tu peux partir.

Ne pense pas que nous deviendrons ses martyrs
Vite, prends ton sac, ce n’est que pour quelques temps
Rentre chez toi, repose-toi en attendant
Nous te retrouverons avec un doux sourire.

Bonjour, parlons enfin un peu de toi, Eté
Par tes chauds rayons, prends le temps de nous gâter
Ô, qui ça ? Non, oublie-le, ne t’inquiète pas
Printemps a souvent tendance à être jaloux
Un peu trop violent, il pense, que tu seras
Mais je sais que la joie sera au rendez-vous.

Texte numéro 4 – Un matin d’été à Rambouillet

Un millier de soleils perlés dans le pré
Et les doigts de l’arbre à papillons qui s’effilent
La course d’un lézard sous le rosier qui file
Les murs à dix heures portent robe zébrée

Les perles des pommiers s’accrochent au fil
Qui les maintient un peu dans la mer éthérée
Avant long, comme les poires déjà sombrées
Elles s’écueilleront sur la terre d’exil

Tous les soleils s’éteignent et les arbres fanent
Les lézards s’endorment puis sèchent dans la fane
L’herbe haute a déjà des allures de foin

Les fruits tombent de l’arbre avant qu’on fasse glane
Et les ombres meurent comme passe un matin
Pareil je sèche comme passe le matin.

Texte numéro 5 – Demain

 Déjà les caresses du printemps s’envolent,
Insouciance éphémère d’un âge frivole.
Amer sur mes lèvres restera ton empreinte,
Mélancolie émeraude d’une perle d’absinthe.

Le temps me laisse pour singulière révélation,
un sentiment lancinant d’insatisfaction.
Adieu, Âge d’or, ton heure déjà s’endort,
Mélange de promesses, soupçon de remords.

Au-delà point déjà l’aube d’un nouvel âge,
Sous l’égide de Mercure s’amorce mon voyage.
Au zénith de ma vie, jour de son apogée,
Demain sera l’été.  

Texte numéro 6 – Mirage

Les gabians flottent au vent, mouchoirs blancs
Bateaux sur le Vieux Port, mon coeur bat fort
Paysage parcouru, des yeux je ne te quitte plus
Du bout des doigts je trace ton profil tremblant,
Se brouille alors l’architecture de ton corps
Histoire d’un été apparu à pas menus,
Printemps révolu.

Texte numéro 7 – On est bien, là

Ils disent
« c’était mieux avant »
sans dater
sans préciser
avant quoi avant qui

Aujourd’hui
le pollen est presque
un ami
les faux pas
aussi
les cicatrices donnent
de la profondeur
au regard
la colère et la peine
ont découvert
des mots des gestes
qui n’existaient pas
« avant »
dans le dictionnaire

Ils disent
« la situation empire »
sans pointer
le référentiel
qui a changé

Aujourd’hui
le passé est un allié
précieux mais
pour rien au monde
je n’y retournerai
ce n’était pas mieux
ce n’était pas pire
en réalité je ne sais
pas ce que c’était
au juste
ni quoi en faire
ni quoi faire de moi
dedans
« avant »

Aujourd’hui
le futur est un moteur
essentiel mais
je ne suis pas pressée
on est bien, là
finalement
à ne pas savoir
plus qu’ « avant »
quand ça commence
quand ça finit
pour de bon
on est bien, là
à n’y rien comprendre
mais à sentir fort

Il disent
« le vent va tourner »
en ignorant
qu’on ne revient à soi
qu’en devenant le vent

Texte numéro 8  – L’Eté sous les platanes

Sous les platanes
aux ombres diaphanes
je respire l’été.
Il a une odeur de sérénité
et un petit air de liberté.
Mon cœur s’en gorge quand je flâne.
Il cueille ses couleurs avant que les beaux jours ne se fanent. 

Texte numéro 9 – Espoir estival

Plus tard, pas maintenant, il fait trop froid
Je vis dehors, je n’ai que le ciel pour toit
Alors, comment se projeter et réfléchir à l’avenir ?
Il faut déjà survivre jusqu’à demain, ne pas défaillir

Plus tard, quand il fera chaud, je serai prêt
J’aurai l’énergie pour vraiment me motiver
Tous mes rêves seront à portée de main
Et je m’impliquerai dans le futur avec entrain

Plus tard, pas tout de suite, j’ai besoin de temps
Hier encore je m’écroulais lamentablement
Mon échec est encore trop présent dans mon esprit
Ma déchéance est trop fraîche, je suis trop aigri

Plus tard, quand les autres partiront en vacances
Le soleil me réchauffera pour qu’enfin j’avance
Je dois m’accrocher à cet espoir insensé
Que tout ira mieux quand viendra l’été 

Texte numéro 10 – L’odeur estivale

J’avais vu l’été subjugué mes sens,
Comme une essence.
Un musc si particulier,
Une odeur si mémorable.

Comme un oiseau sur le point de s’envoler,
Comme les premiers pas d’un enfant,
C’était censée arriver ;
Bien que nous ne sachions pas comment.

Alors que je regardais,
Le soleil restait éveiller tard le soir,
Je ne pus que m’assoir.
Car devant cette peinture ;
Qui semblait se mouvoir.

Entre le sable chaud,
Et au gout salé de l’eau.
Pour s’étendre cheveux mouillé,
Et le corps plein de courbature.
Ce sera l’été.

Texte numéro 11 – L’âge d’or

Un peu de sable blond,
et l’été me revient
avec sa brise marine
et ses tendres embruns

C’est le grillon qui chante
et la vague qui murmure ;
Le tintement d’une voilure,
Le crissement du gravier

C’est la pie qui jacasse
son amour du matin,
Et l’odeur de la sève
comme celle du romarin

Les tubas, l’épuisette,
les palmes et la besace,
le bob et les méduses –
La peau de crocodile, le bout des doigts fripés

Le chemin de halage autrefois emprunté,
Le mica et le sel,
La poussière rouge poudrée,
Un sentier dans les pins

Un amour de vacances dès septembre enterré
Les taches de rousseur,
la courbure de ses reins
et le port d’une reine

C’est un rideau de perles
qui filtre une marée
de chaleur indolente
Et l’abeille affairée

C’est un chapeau de paille
L’olive et le pastis
La joie des retrouvailles
et du temps arrêté

Le soleil aveuglant
et les soirs tempérés
Une aubaine, une aubade
et l’art des petits riens

Une fraction de seconde –
Une aile qui se déploie,
une émotion intense :
Mais oui ! Je me souviens.

Texte numéro 12 – L’été 

Et il y aura cet été sans toi.
Toi qui, mine de rien, te laisseras hâler
En tentant à tout prix de plaire
Au soleil, aux félins, à la légèreté.

Seras-tu la seule ombre fauve
Que toutes les aubes
Chercheront çà et là ?

Cet été, la nuit se baignera pour toi.
Pas une seule de mes veines
Ne saura se prétendre pleine.

Et chaque matin devant moi
S’annoncera en un éternel retour.

Texte numéro 13 – Savourez

Trente et un degrés, promenade enflammée avec l’être aimé,
L’astre de mon cœur sublimera le sien, de passion embaumée.
Aux abords de ce lac, flux du temps qui passe, nous pourrions observer,
Ses ragondins charmants nageant bénignement, sans penser au passé.

Période de chaleur nous contemplerons le beau ciel azuré;
Couleur de la mer accordant aux cils olfactifs un bonheur bien salé.
Sable chaud, aux grains de liberté, caressant tendrement la plante de nos pieds,
Nous coucherons céans, sur ce sol magistral, impossible à quitter.

Une balade en forêt également, aux branches évasées
Couvrant chaque tête du seigneur soleil, empereur incontesté.
Une flore à couvrir, monde à embellir, chlorophylles sacrées aux baisées adorées.

De vos pas galopez, au sein de ses chefs-d’œuvres de nature à couver.
Jalonnez vos vies de voyages immortels, profitez des espaces par Fufluns travaillé;
Car qui sait si demain, à l’apogée total d’un magnifique été,
Ce brûlant jour radieux, gorgé d’espérance, ne figurera pas parmi les tous derniers ? 

Texte numéro 14 – Un soir d’été

Un soir d’été,
la mer faisait valser sa robe bleu,
le soleil coulait comme du miel,
sur les joues du ciel,
les cailloux, sur leur lit salés se reposaient.
Les étoiles, bijoux célestes, venaient orner et sublimer la nuit, délicatesse silencieuse et beauté d’orfèvrerie.

Mon encre pleure ce doux tableau,

C’est la saison de l’été..

Texte numéro 15 – Le temps des ardeurs

L’hibernation de mon cœur prendrait fin cet été.
La chaleur ferait-elle fondre les neiges éternelles
Du corps qui n’a connu que la saison glacée,
Des sentiments calcinés par le gèle,
D’un amour bouillonnant
Cryogénisé
Par
Le temps ?
Mais la vague de chaleur
Qui sur mon âme va bientôt déferler
Guidera mon esprit sur les plages du bonheur
Dont le sable me permettra de renverser le sablier
L’hibernation de mon cœur prendra bien fin cet été.

Texte numéro 16 – Regain ?

Saison du foin,
De tous les foins,
De l’odorant comme du pestilentiel.

Entre dextérité avec un râteau pour le faner
Et dépenses d’énergie pour un nauséabond tapage,
Il ne devrait pas y avoir photo …

Faire du foin pour nourrir les bouches animales
Pas pour fomenter d’ubuesques scandales,
Tel est le refrain phare de cet été.

Du moins, avant objection.
Les allergiques dénoncent le rhume des foins.

Mais moi, je me roule dans l’herbe sèche
En vue de pailler l’année de gaité et d’entrain.

Et bourré d’antihistaminiques,
À la perspective de siester dans le foin, je souris.

Texte numéro 17 – Nous aurons été

Décors brûlants d’abord
vibrant les yeux fermés
des nuits noires
voulues blanches
à peine rafraîchies
et des jours et des jours et des jours et des jours
longs à n’en plus s’éteindre

les doigts entremêlés
nos moiteurs douche à douche
toujours se réinventent
c’est le temps des champs bleus pétrifiés de soleil
et le temps des orages

nous avions la saison
pour nous mordre et brûler
coup de soleil de foudre
coup de gueule échauffé

nous aurons eu l’été
pour nous croiser un peu
encore un jour torride
encore une heure ardente
et nous aurons été.

Texte numéro 18 – Soupçon d’été

Dans l’intimité de la nuit qui s’élance
De son ombre dans le monde immense
Je traîne mes pas, gelé d’ennui et tout seul
Dans cet hiver, étendu sur son blanc linceul

L’insipide blizzard m’embrumant les yeux
J’attarde mes pensées, rêveur, là-haut
Cherchant désespérément ce sublime halo
Que déverse sur notre planète l’astre de feu

Portez-moi sur vos tendres coussinets
Ô alizés, qui voguez au gré des saisons
Avant l’automne, viendra cette fleuraison
Du printemps, qui prêtera ses effluves à l’été

Pour la câline étuve du soleil qui, du ciel
Gravera ses charmes aux motifs pluriels
Dans le silence, sur cette merveilleuse flore
Qu’il teintera, tel un joaillier, de lueurs d’or.

Texte numéro 19 – Émulsion interne. 

Décembre approche à grand pas,
Le ciel brumeux prédit sa venue,
Il prépare son entrée accompagné de ses nobles serviteurs,
Réconfortants, cotonneux, blanchâtres,
Les chapeaux de pailles disparaissent des chefs des dames remplacés par des coiffes de laine tricotées par mère-grand,
Les gelures pointent leurs bouts du nez,
Ou devrais-je dire de pieds,
Mesdames, ô diable, vos manucures,
Il me semble que vous ayez trouvé une plus jolie parure,
Les passants, en boule d’hérissons, marchent recroquevillés sur eux-mêmes,
Tentant de se protéger du froid glaçant,
Le sang,
Qui brûle,
Bat la seconde en mon sein,
Sous le commandement d’un grand chef d’orchestre,
Boîte à musique, perles de culture à huîtres,
Je vous annonce notre célèbre compositeur,
Dénommé par mes aïeuls, Mon Cœur,
Qui frétille, bat la chamade,
Eclaircit l’horizon,
Puisque ta venue fait fondre les glaçons,
Ce sera l’été, temps des passions

Texte numéro 20 – Légende du Solstice d’Été

Blanche est ma chemise.
Noires sont mes idées.
Je double la mise,
Les poches vidées.

Je pars dans la nuit,
Ayant tout perdu,
arpente les rues,
me noie dans l’ennui.

Je m’oublie dans le son
du tint’ment des glaçons
de mon verre de whisky.
Je résiste aux esprits.

Et déjà l’aube pointe,
Solstice renouvelé.
Je m’endors les mains jointes.
Au réveil, ce sera l’été.

Je ne mourrai pas cette année.

Texte numéro 21 – Sauve moi été !


L’hiver est là, présent.
J’attends,
Un printemps inexistant.
La neige envahit le ciel, la terre,
Et remplace mes cheveux que le temps
m’a fait perdre.

Enfin je le vois,
Il est là,
En moi.
Cette période froide m’emprisonne
Mais il me tient dans ses bras et la chaleur
résonne.

Je souffre, je meurs.
Lent est le rythme de mon cœur.
Celui d’une femme qui perd son sourire,
Celui d’une femme qui se force à rire.

Je me hâte de retrouver mes joies
Et de pouvoir vivre comme autrefois.
Mais demain, ce sera l’été.
Je verrai comme une première fois les
papillons voler.

Je l’aurais quitté,
Semblable à un souffle, il se sera envolé.
Il se sera libéré de mes seins
Et ne me tiendra plus jamais la main.

L’hiver se fanera,
Mais pour moi, il ne renaîtra pas.
Tel un phoenix qui ne salue jamais les
morts,
Je navigue entre les tombes mais n’y
laisserai tomber mon corps.

Une fois le passage de ce tonnerre,
Je pourrai enfin dire : Adieu cancer !
Rose munie d’épines, rose qui se protège,
Je deviendrai l’été et ferai fondre la neige.
Je combattrai l’obscur
Et grâce à Dieu mon corps deviendra pur.

Texte numéro 22 – Tropézienne

Admirant ses éphémères formes ondulées
La mer se contemple dans son propre miroir.
Elle s’accroche sur les rochers pour bien voir
Son instable manteau luisant et étoilé.

Les volets chantent à l’unisson mille couleurs
Ils entonnent cette mélodie à toute heure.
Partition épicée sur des murs de safrans,
Ils répètent leurs secrets sucrés aux passants.

Le sel enflammé est projeté par l’écume
Il efface mes rides, les traces de mon âge
Le puissant bateau fend les vagues d’amertumes
Il m’éloigne chaque minute du rivage

J’observerai ce spectacle comme un enfant
pour un jour peut-être le rêver en poète.
J’espère revoir en ta droite silhouette
L’ombre dorée d’un été pur et innocent.

Texte numéro 23 – Chronique d’un éphémère

Chronique d’un éphémère,
Où ni les fleurs ni l’âme ne fanent plus;
D’un instant secondaire,
Où mes larmes ne tarissent plus.

Dans ce coin nommé « paradis »,
Perché dans les hauteurs de l’Orient,
Rien ne subsiste que les panières fleuries,
Doux rires et visages scintillants.

Je t’ai aperçu un jour,
Perdu dans le délayage des gens,
En te regardant, j’ai vu naître l’amour,
Au son du blé, qui naît de la brise du vent;

Je t’ai rêvé en observant les étoiles millénaires,
Dans le creux des montagnes,
Je t’ai rêvé, endormie entre les murs de pierre,
Ces nuits que seuls les matins condamnent.

Affublé de mes plus belles lassitudes,
J’ai quitté ce lieu,
Théâtre de la vie, de la plénitude,
De fins souvenirs annonçant la fin du merveilleux,

Cette nostalgie est mon talon d’Achille,
Amère de ne plus vous retrouver,
Toi, soleil d’un été volatil,
Toi, mon jeune amour à jamais égaré.

Texte numéro 24 – Ce sera l’été

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

Le tout bel été s’annonce
Je rêve de très beaux instants.
Les beaux oiseaux le prononcent.
Tu nous manqueras cher printemps.

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

Les hauts arbres défileront
Heureux sous le ciel enchanté
Puis tous les oiseaux danseront
À la ronde exaltant l’été.

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

La terre luira de mille feux
Au regard du soleil qui rit
Pour illuminer les jours heureux :
Les belles vacances. J’en ris !

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

Nous habiterons le chalet
Près du cœur de la nature
Allant les rives ; la forêt
Chantera toutes les aurores.

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

Notre lit sera la grève
Nos instants ne seront que rires
Face la mer qui, sans trêve
Nous portera ses doux zéphyrs.

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

Ô, mon été sera bonheur
Inoubliable de voyages,
De très vifs moments de senteur.
Je t’attends mon été, tout sage.

Ce sera l’été de nos cœurs,
Tout pour nous, de nous, sera fleur.

Texte numéro 25 – Ce sera l’été

Un matin, il y aura
Le soleil sur la peau
La glace, le chapeau
Le sable dans les draps
Le bleu du ciel et de l’eau
Pour nager à l’envers,
jouer aux sirènes, faire des châteaux
et trouver nos âges au fond des verres

Un matin, il y aura
Les volets clos
Les sourires sots
Le ronron du ventilateur
Le vent dans les cheveux
et les lunettes sur les yeux
Les journées sans heures
Le jus de la pastèque aux commissures des lèvres

Un matin, ce sera l’été
l’ivresse dorée
les pieds dans la Méditerranée
la pastèque pressée
aux commissures des lèvres gercées

Et ce matin,
c’est café chaud
Au bureau

Texte numéro 26 – Passe

 » Quand le vent aura soufflé
Sur tes angoisses secrètes

Quand tu ne seras plus secouée
Par tes nombreuses tempêtes

Quand tu auras lancé d’improbables anathèmes,
Sur ton passé tronqué, sur ta vie effritée,

Quand la pluie aura lavé les tâches cristallisées

Quand les plaies commenceront à bien cicatriser

Quand le temps aura tourné au rythme des planètes

Quand les feuilles repousseront sur tes branches célestes

Quand les racines s’ancreront dans la terre oubliée

Quand les rayons du soleil réchaufferont ton être

Tu sauras que tu es prête
À accepter ce qui te fait

Tu sauras que tu es celle
Au squelette émotionnel

Tu te sentiras complète
Et ce sera l’Été.  »

Texte numéro 27 – Un sens de l’éphémère

Mon corps apprend
Que l’été est arrivé
Plus vite que mon esprit
Ne pourrait pas l’imaginer.

Les gouttes de sueur
Pleurent le départ du froid
Lors que ma peau rougit
Quand le soleil me voit.

Le rythme des tongs
Répète le battement du cœur
Tant que le vent
Aide à tenir le corps.

Toute garde-robe
Qui tombe sous mon charme
Colle à moi désespérément
Ce qui est en fait irritant.

Le dernier chant des oiseaux
Pendant le jaunissement des feuilles
Raccompagne le temps chaud…
Et moi, je dis adieu en saluant l’automne.

Texte numéro 28 – Ombrelle et parasol

Cela fait treize tours de lune, que la poussière l’importune. Elle s’accumule dans les plis de sa dentelle, maquille l’ombrelle. Mais dans l’obscurité de son placard, de la mode elle n’a que faire.  Écouter, reste ce qu’elle préfère. Car depuis l’autre commode, les sons régissent le rythme des saisons. C’est do ré mi fa sol le parasol, dont le vent braille dans ses mailles. Celles de sa toile, dont la notoriété reparaîtra quand ce sera l’été. 

Texte numéro 29 – À mon âme intime

Ce sera l’été.
Je te découvrirai,
Apprêtée et rougie
Une valse, un ballet.

Ce sera l’été.
J’apprendrai à t’aimer à nu
Car dans tes bois je psalmodie
Parée de bijoux étrangers.

Ce sera l’été.
Je trouv’rai le temps de nous dévêtir
De nos faux espoirs pendant la décrue
Mon corps se fondra sur ta terr’ rêvée.

Ce sera l’été.
J’absorberai, mon âme intime, de tes baisers
Tes rizières, tes makis, jusqu’à ne plus écrire
Ton image dans laquelle je suis taillée. 

Texte numéro 30 – Ça part en bib 

J’vous dis pas, on a pas de bol,
Les minots jouent au football
Juste devant notre camping-car.
On arrive pas à être peinard.
Toute la journée il fait plus de quarante,
Dans mes godasses, j’ai des caillasses.
Mes habits sont des estrasses
On dirait que j’ai fait dans mon froc
J’vous dis pas j’ai l’air d’un broque.
Mon tee-shirt Ricard colle, je pègue,
J’ai quillé mes boules, j’suis dég.
Sur la plage, on est tout esquiché,
Quand j’suis allé m’baigner, j’ai failli me néguer
A mon retour, on avait chourav mes sandales
Qui fait ça, faut pas être normal?
C’est un vrai lieu de djobis,
Y’a que des mes déchirés et des destrussis
Le premier encatané qui m’engraine
J’le décalque et l’envoie dans la benne.
Ces vacances ça m’a défoncé,
J’ai hâte de pouvoir rentrer,
Pizza, pastaga à toute heure
Assumer être un vrai chimeur
Et faire des trucs que j’aime.
Devant la télé crier “Allez l’OM”.
Là, mon vié ça sera vraiment l’été.

Texte numéro 31 – Pélagos

On m’avait dit que
Cet été serait différent, serait doux
Qu’il se dégusterait comme une île
À la petite cuillère

Moi je ne savais pas
Je croyais que tous les étés
Avaient le même goût
Celui des contrôles aux frontières
Des alphabets pliés dans la valise

γ         أ        l
ρ        ح       e
ά        ر        t
μ       ف        t
μ                  r
α                  e
τ                  s
α

Mais on m’avait dit que
Cet été serait différent, serait doux
Pourquoi pas, après tout

Les exilés ont aussi le droit à l’été

Alors,
J’ai fait ma valise encore une fois
J’ai plié mes mots encore une fois
Je suis partie encore une fois

Partir
Chaque lettre du mot partir est une saison dans mon cœur

Mais on m’avait dit que
Cet été serait différent, serait doux
Alors je suis partie
Différemment, doucement

Pélagos
Aller démonter les mers
Vague par vague
Semer des îles
Briser les frontières
Jouer avec l’exil
Dissoudre la géographie
Sur ma langue,

Faire fondre l’été

Texte numéro 32 – Ferme seulement les yeux

Tu es né malgré toi
Tes yeux s’ouvrent sur la
Douleur et l’ennui qui te rongent, te dévorent.

Première inspiration
Puis naît cette illusion
Qu’une vie entière t’éloigne de la mort.

Tu es l’hôte des voix
Contre qui tu te bats.
Te sens-tu de lutter à en perdre ton âme ?

Parmi ces voix cruelles
Paraît l’une d’entre elles.
Ordonne à tout ton être d’ouïr de cette flamme.

« Tu peux y échapper
Tu n’es pas condamné.
Ferme seulement les yeux
Et libère tes pensées.

Elles contiennent les sons,
Les souvenirs enfouis des insectes à peau d’or.
Donne l’ordre à ton corps
De retrouver la voie de ces sensations ».

Peu importe tes cris
Ni tes gestes engourdis,
Comme une fleur fanée tu y laisses ta vie.

Amenant en son sein
Un hiver quotidien,
Le vide s’installe et perdure à l’infini.

« Tu peux y échapper
Tu n’es pas condamné.
Ferme seulement les yeux
Et plonge en ton passé.

Souviens-toi de l’étang,
Bordé de tous côtés de roseaux et de fleurs
Et de cette saison où les rayons chantants
Offrent un bain de chaleur ».

Quand un énième coup
Te mettra à genoux,
Que ton souffle soudain ne sera que soupir,

Isole-toi des voix.
Ne suis que celle-là
Et résiste aux autres qui te forcent à mourir.

« Tout va mal, n’est-ce pas ?
La glace peut enfin figer ton existence.
Tu n’es plus qu’une proie
Qui hume le parfum de sa déliquescence.

Il te reste pourtant une chance de fuir
Un refuge éternel, parmi ces souvenirs
Un endroit sans le vide, l’hiver ou les voix,
Où toutes ces souffrances n’existeront pas.

Tu peux y échapper
Tu n’es pas condamné.
Ferme seulement les yeux
Et ce sera l’été ».

Texte numéro 33 – Cité Paul Eluard

« Julien, fais la vaisselle, Julien range la maison »,
D’habitude je ne dis trop rien,
Je sais que tu te casses le dos,
Je fais le boulot, lave les assiettes, ramasse mes caleçons,
Mais là maman, c’en est trop, je lâche un « fait chier, putain ».
Choquée. Il a osé ? M’insulter ? Moi ? La femme qui l’a porté, mis dans le berceau ?
« qu’est ce que t’as dit ?! Fiston, n’oublies pas qu’ici t’es pas le patron … »
Je n’écoute plus, il fait vraiment chaud, on n’a toujours pas de ventilo,
j’en ai marre, je claque la porte en sortant, mutin.

J’ai 13 ans.
Franck, Karim, Souley et d’autres copains sont là, en bas du batiment,
Normal, c’est les vacances, il fait 40 degrés, rien à faire, rien.
Nique sa mère le « bel été »,
Celui qu’ils nous vendent à la télé,
Nique sa mère les juillietistes,
Nique sa mère les aoûtiens,
Dans un élan de colère j’éclate la bouche incendie comme l’ont fait les anciens,
De l’eau jaillit. Tous les potes me fixent,
Ils sourient, et j’entends des « OUAIIIS JULIEN! », ça crie.

Je sais que je vais avoir des ennuis, tant pis, si ils ne veulent pas nous amener à la piscine on va la faire ici.
On enlève nos tee-shirts, les daronnes nous demandent de rentrer,
Un médiateur de la ville passe, il me dit que c’est pas cool, il me parle des pompiers, d’incendies,
« Vas te faire enculer » Crie un petit,
Les esprits s’échauffent, mais il n’arrivera à rien, il repart, il a compris.
On profite des quelques minutes d’accalmie.

Voilà l’été, celui qu’on a,
Quand nous vole l’état.

Texte numéro 34 – Canicule

il fera chaud
et j’aurai soif
alors tu me tendras un verre de vin
que je boirai entre tes lèvres
les tanins se mêleront
à l’âpreté de ta salive
j’aurai la langue râpeuse

il fera chaud
j’aurai soif
quelque chose battra dans l’air
qui fera trembler nos membres
de désir
comme la foudre à venir un ciel d’orage

il fera chaud
j’aurai soif
nous resterons des heures
à fumer
et nous nous parlerons beaucoup
et comme nous aurons la gorge sèche de nous avoir
autant parlé
nous nous lècherons
avant que de nous boire

il fera chaud
j’aurai soif
et incontestablement
la chaleur de nos peaux entremêlées
dans la moiteur du mois de juin
ne nous épargnera pas

il fera chaud
j’aurai soif
et des belles-de-nuit danseront dans la rue
tu gémiras de plaisir sous mes caresses
et parfois moi aussi
moi aussi de plaisir

il fera chaud
j’aurai soif
on écoutera la radio
et quelques fois nu sur ton balcon
le vent de deux ou trois heures du matin
me fera frissonner
et là alors
de nouveau je t’embrasserai
pour avoir chaud encore

Texte numéro 35 – Mélancolie saisonière

Quand les fleurs laisseront place aux fruits
Que le short se substituera au jean
Quand le chant des cigales remplacera le bruit
Que la chaleur nous fera rêver de djinns
Ce sera l’été

Quand le parapluie deviendra parasol
Que le barbecue dépassera la raclette
Quand les vacances soulageront le ras l’bol
Que les bottes deviendront claquettes
Ce sera l’été

Quand juillet fera oublier décembre
Que balnéaire remplacera « de métro »
Quand seule la crème solaire saura nous défendre
Qu’on retrouvera les glaces qu’on aimait trop
Ce sera l’été

Et quand ce sera l’été
Je louerais le bonhomme de neige qui s’fait
Loin de l’hiver si durement rejeter
Je suis éternel insatisfait
Qui n’aime que ce qui a été

Texte numéro 36 – Tant pis pour le sud

Ce sera l’été, surf et karaoké cervicales délassées dos nu matelassé, un air bon à dansé en bassin déhanché, un coupé décalé sur la réalité !
Une énième sangria abolira les souffrances de l’hiver qui passa
Et j’irai ! sous un soleil gros comme la boule au ventre entre rochers et crépuscules vivre en cigale
Sous une chaleur qui brûle, et ne se coucher qu’au moment où le coq hulule !
L’air romantique enfin ramasser les coquillages l’air songeur
Écouter dans leur écrin précieux le bruits des abysses, roulis de vagues gardés en trésor
qui te colle une langue de mollusque blagueur mollasse au creu de l’oreille
Mais ce n’est rien ! car levant les yeux les vagues venant s’étirer sur le rivage après une longue course apportent dans leur souffle
le chant Nino Ferrer, le torse couvert de deux coquille saint-jaques
Raisonne suavement Tant pis pour le sud.
C’était pourtant bien, l’été
L’air béat en nu pied, ce qu’on l’air con quand on est gaie
Mais c’est qu’on profite d’un instant qui file vite, comme une éclipse
Un clin d’oeil des astres toujours figés 

Texte numéro 37 – Mon été à moi

Ce sera l’été, ma saison,
La saison des moissons, des danses.
Je rirai de tout sans raison,
En me souvenant des vacances.

La saison des moissons, des danses :
Ce doux moment ensoleillé !
En me souvenant des vacances,
Je verrai mes mots s’en aller.

Ce doux moment ensoleillé !
Sera-t-il pareil cette année ?
Je verrai mes mots s’en aller,
Loin de mon âme basanée.

Sera-t-il pareil cette année,
À la plage, au champ, au marché ?
Loin de mon âme basanée,
Les ennuis iront se cacher.

À la plage, au champ, au marché,
J’attendrai que tombe la pluie.
Les ennuis iront se cacher,
Comme mon enfance évanouie.

J’attendrai que tombe la pluie,
Pour humer ses brins de fraîcheur.
Comme mon enfance évanouie,
La fin ravivera la peur.

Pour humer ses brins de fraîcheur,
J’aurai sans mon sac une tourte.
Sa fin ravivera la peur…
Les longues journées, les nuits courtes !

J’aurai sans mon sac une tourte,
Je chanterai la floraison,
Les longues journées, les nuits courtes :
Ce sera l’été, ma saison.

Texte numéro 38 – les vagues et le vent

L’indécence des vagues au toucher de ma peau,
Nos nuits d’ivresse et nos matinées de débauche,
Mes iris brûlées, ambrées par un soleil souverain,
Les horizons azur qui annoncent un été indien,

Lorsque le vent épousera les courbes des nuages,
Et les boucles de ma chevelure qui couvrent mon visage,
Le soleil embrassera mes pommettes à l’encre rosé,
Et la brise ravivera les rêves que j’avais frôlés,

La saison scellera mes espoirs au fil de fer,
Pour me trancher les entrailles quand l’hiver viendra,
J’aurais d’ici là fait le deuil de ma mélancolie automnale,
Et je me serai enfin fait une place dans l’atmosphère.

Texte numéro 39 – Sans moi

Des crapauds coassant, des cicadas chantant,
Un festival bruyant, un appel sanglotant,
Le rire des enfants qui éclatent des bulles,
Le feu de la canicule qui déambule,

Une fête criant sans un mot adieu,
Une célébration d’un futur trop radieux,

Ce sera l’été mais je l’ai manqué d’un pas ;

Trop tôt,
J’ai sauté dans l’étang et le temps ne n’étend
Pas.

Texte numéro 40 – Ce sera l’été

Lorsque les chemins des possibles se seront assemblés en ma route d’avenir
Que mes ardeurs seront devenues des désirs assagis
Quand je laisserai à d’autres mes combats urgents
Ce sera l’été

Lorsque je serai passée de candide fleur à fruit mature
Que mes graines auront donné d’énergiques pousses
Quand mes oisillons auront quitté le nid
Ce sera l’été

Lorsque je serai en paix avec mes fêlures
Que j’embrasserai l’inconfort de mes failles
Quand j’accepterai d’être à la fois monts et abysses
Ce sera l’été

Lorsque j’aurai marché presque plus
que ce qui me reste à fouler
Que je commencerai à être un peu fatiguée
Quand je fière du chemin parcouru
Ce sera l’été

Lorsque mon reflet me rappellera
mille et un souvenirs
Que mes rides seront autant de moments de joie gravés
Quand le reflet du miroir sera devenu un allié
Ce sera l’été

L’été
Sa chaleur et ses joies
Ses longues journées de projets et de rêves
Ses nuits comme autant de douces fenêtres sur le passé

Cet été
Je l’espère aussi doux et frais qu’un bleu d’azur
Chaud et réconfortant que le sépia couchant
Enveloppant de senteurs d’embruns et d’herbe jeune

La joie, la fierté, l’apaisement, l’amour
Ce sera l’été, oui, ce sera mon été
J’attendrai l’imminent automne avec l’assurance
De l’argentique du bonheur, dans la poche près du cœur,
De l’éternel été, dans le cœur bien au chaud.


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Merci à Alep, D., Idéesdodues, Mathilde, Nicole, Roselivres, et Thomas et un anonyme de m’y soutenir !


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