Les Égoèmes

Les Egoèmes #19 – Terre à taire

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Les Egoèmes, c’est un concours de poésie que j’organise chaque début de mois sur Instagram. Ou presque.

Pour cette dix-neuvième édition, en cette période de mobilisation des différents acteurs de la terre, je propose aux participant·es de lui donner la parole, ou de la faire taire…

Pour cette édition, les participant·es ont une semaine pour participer, en envoyant leur participation à egoemes @ larathure . fr (sans les espaces) avant le mercredi 7 février 2023 minuit.

Comme pour l’édition précédente, je proposerai un texte de calibrage pour aider les jurys dans leur travail de notation.

Pour vous tenir au courant des actualités du concours, ça se passe sur Instagram : @lesegoemes

Les jurys de cette édition sont les lauréat·es de l’édition précédente  :

Helen Juren (Instagram )

Kemo (Instagram ) 

Dou (Instagram )

Vous pouvez retrouver les présentations des membres du jury sur Instagram : @lesegoemes

Bonne lecture !


Texte n°1 – Pomme de Taire

Les pommes de taire
Se taisent
Et errent
Sans aise

Elles voudraient bien
Parler
Enfin
Gueuler

Elles ont envie
D’écrire
Leur vie
De rire

Elles aimeraient
La colère
Pleurer
Sous terre

Mais par la force des choses
Dans la vie tout n’est pas rose
Et les pommes de taire
À la parole doivent se soustraire

Texte n°2 – Sous mes chaussures

J’ai perdu ma ….
Je l’ai tombé par terre
J’ai perdu ma v…
Je l’ai tombé par choix

Sous mes chaussures
Le bruit de la boue
Écrase en muet
Le monde trop fou

Sous mes chaussures
Pas une trace de ma vo..
La semelle carbone
Accélère mon gouffre

La partie argileuse
Prête à craqueler
Le bruit pénible
D’un silence qu’on étouffe 

J’ai perdu ma voix
Quand personne n’écoute
Les douleurs d’un terreau pauvre
Et des faibles qui s’étouffent

J’ai retrouvé ma voix
Sous une feuille de noix triste
J’ai voulu crier ma trouvaille
Mais ma langue a chuté

J’ai perdu ma L……
Je l’ai tombé par terre
Je l’ai tombé et je tangue
Pour apprendre à me taire

Texte n°3 – Versant Ouest

Quand j’ai voulu gravir le versant ouest
De ma petite forêt communale
Pour contempler les chapeaux verts
Des chênes et des hêtres,
Je vis l’horizon entaillé
Par des tours en plexiglas.
Quand je voulu admirer les trajectoires
Anarchiquement belles des hirondelles,
Je vis des limousines cisaillant la grisaille
D’un macadam où les deux-roues
N’étaient pas avares de queue-de-poisson.
Quand je voulu sentir le parfum
Fugace des violettes,
Mon tint pâlit par les odeurs
Nauséabondes et franches
Rameutées par les gaz d’échappement.
Fallait-il que tant d’horreurs rebondissent
Jusqu’à cette petite clairière
Où lentement je me fanai
Sous l’œil tranquille des métamorphoses ?

Texte n°4 – Tout travail mérite sale air

Faire ou défaire, c’est toujours fer
Rouiller ses muscles et ses pensées d’acier sale
Compter ses sous, parer les balles…
C’est qu’il faut ferrailler dans cet enfer !

Squelette écrasé sous l’écrou
Du joug des jours sériés au cou.
Lutter, hurler, se battre
Ou la fermer et labourer, toujours la tête à terre.

Texte n°5 – Déplace mes montagnes

Déplace les montagnes, embrase les cieux
Relève la tête et fais un vœu
Des choses incroyables se produisent tous les jours
Cette fois c’est ton tour
Suis tous les rêves que tu portes dans ton cœur
Et tu trouveras ton bonheur
Où elle est ta force, où elle est ton courage
Toi qui as toujours été sage
Fais tout ce que tu peux pour te valoriser
Peu importe ta réalité
Personne d’autre ne pourra t’aider à par toi
Ne te sous-estime pas
Il est clair que la vie ne te fera pas de cadeau
Il t’arrivera des maux
Mais si tu continues quels que soient les obstacles
Tu auras ton miracle
Et quand, enfin, dans le bonheur, tu baigneras
Tu seras fier de toi

Texte n°6 – L’erreur des éons

La pierre arrachée à son lit millénaire
Par les mains est dressée en vilaine barrière :
Mur, muret, trop rugueuse frontière,
Cicatrice hurlante qui veut ronger la terre.

Et ce cri des hommes, par l’oiseau ignoré,
Croit dans sa folie que la pierre est domptée;
La pierre, en silence, ne fait que patienter,
L’homme va, l’homme vient… hier, demain, jamais.

Texte n°7 – Pour l’amour de la terre

 Sur la terre à taire, les mains labourant en vain,
Les agriculteurs luttent, mais le sort est incertain.
Ils sèment l’espoir, récoltent la peine,
Leurs efforts souvent perdus dans cette vaste plaine.

Leurs sillons tracés dans l’humus fertile,
Portent le poids des rêves et des batailles subtiles.
Ils cultivent l’avenir, mais récoltent la détresse,
Leurs soucis se fondent dans l’horizon, sans cesse.

Sous le ciel changeant, leur labeur persiste,
Leur amour pour la terre demeure, jamais n’insiste.
Ils nourrissent le monde, malgré leur propre faim,
Leur dévouement silencieux, un hymne à la fin.

Que la reconnaissance fleurisse pour leur peine,
Que leurs récoltes soient riches et sereines.
Dans l’ombre de l’oubli, leur courage éclaire,
Pour les agriculteurs qui voient la terre à taire.

Texte n°8 – Mère Nature

Je suis ta mer, Mère Nature
Comme Téthys je t’ai porté
Entre mes flots, t’ai dorloté :
Mon amour, ma progéniture !

Je t’ai légué gîte et pâture
Mille trésors de pureté
Quatre saisons de vérité :
Qu’en as-tu fait (…) homme immature.

Par l’ire de mes éléments
Ce mal de toi, je m’en défends :
Crois-tu pouvoir me faire taire ?…

Assume face à l’univers
L’ « aggravité » de tes travers :
Respecte-moi ; Sauve ta Terre !

Texte n°9 – tant la terre tarde

tant la terre tarde
l’arbre stabule et patiente
sa voix de silence

Texte n°10 – Silences

Je suis un apatride
Comme une trêve, j’ai gardé dans ma poche
une poignée de sable
du désert éployé sous les cieux de mon père
Mes rêves n’ont pas de rides
Je ne suis pas disert
Je les garde pour moi, enfouis et secrets
de peur qu’on me les fauche


Mon cœur a pris des coups
Mon corps a pris cher, souvent, beaucoup,
mais je ne renonce pas
J’avance pas à pas
Miroir aux illusions, destin, ambition ?
Je terre ma terre à taire
Terreau d’oblivion
en mon fort intérieur quand je monte dans l’avion

Texte n°11 – MAGMA

La joue tendue à plat
Au sol plaqué de nerfs
Met en joue les écrans plats
Les racines grondent de magma
Le sens humain se perd
Terre fertile en berne
Révolution en herbe
Coûte la vie de nos semblables
Conflits en mode rengaine
Effets d’annonces de plomb
Faire taire les mains qui nous tiennent
Envie, de leur savoir-faire digne
Pourrir sous terre dans un mouroir
De haine, sans vivre la paix sur terre
Eteindre la voix des faibles
Ranimer le peu de pouvoir
Qu’il reste chez nos paires
Uchronie du futur racornie
De foutaises, révocable dans nos rêves
Lambiner les siens c’est suicider sa mère
Litanies ardentes, ricoché involontaire
Couper les routes comme leurs artères
Inévitable massacre deter’
Hospice institué : inapte à la survie
Bucolique soutien face aux esclandres institutifs
Efflorescence d’espoir propulsée de vers aigris
Qu’ils aillent bouffer les prozotaires
Infectés dans nos vies, tributaires de leur dire,
Libérer les terreaux de ce vernis
Respect et merci à tous les antifriches 

Texte n°12 – Le cloporte

Je suis un solitaire,
La clarté m’insupporte,
Je vis à ras la terre,
Je ne suis qu’un cloporte !

Je m’enfouis, je me terre,
Comme un ver, un nuisible,
Je suis là pour me taire,
Je suis un invisible !

Je suis un moins que rien,
Qu’on écrase du pied,
Une ombre, un bactérien,
Je suis un sans-papier !

Texte n°13 – Les terres d’hier

Les terres d’hier sont comme les pages
d’une vie d’antan.
Il suffit d’écarter un peu quelque feuille pour
soulever la poussière magique du souvenir lointain.

Une enfance, une adolescence, l’âge adulte et puis
un frisson de vertige, le temps qui engloutit
toute la terre, les hommes dans un gouffre sans yeux.

Mais les terres d’hier sont là, je me souviens
bien de cette fontaine à quatorze heures et
les jeux d’eau que nous y faisions – totalement
inconscients – de ce qui nous attendait le lendemain.

Hier n’est plus, et, pourtant le parfum de ce terreau
baigné de soleil caresse encore mon nez, et il
s’incruste encore sous mon palais.
Je craque encore ces graines foncés de café
me lissant les dents,me parfumant la salive
et, parfois, je me lance encore en des courses
folles en voiture au beau milieu de la nuit.

Les terres d’hier m’accueillent encore une fois dans
le doux berceau de leur souvenir, et il s’agit
d’un jour lointain qui devient, désormais, peu à peu
ma nouvelle peau, mon soupir matinal, mon réveil
assoiffé de nouveaux vers, vers un infini certain.

Texte n°14 – Glissade

Les feuilles m’entourent
A cheval sur la branche
Mes coordonnées s’épanchent
Vers ce point de non-retour.
Le vide est parmi moi
Eloignant tout émoi
De mon être respirant
Jusqu’aux confins du vent.
Des corneilles éprouvantes
De leur vol terre à taire
Excitent les soupentes
De mon chapiteau vert.
Au loin dans le pré
Un cheptel désœuvré
Se repaît de la vie
Qui lui est impartie.
Auprès de mon loin
Dans ma bulle de brume
Je navigue vers ma fin
D’aimer je m’abstiens.
C’est autour de ma peau
Que je tourne et contourne…
Dans un dernier ralenti
Le temps accélère
Je ne toucherai plus terre…

Texte n°15 – Terre battue

Terre aride que celle
Où on enterre nos paysan∙nes.
Tiers-monde qui ne dit pas son nom.

Ceux du haut taisent leurs erreurs,
Cultivent la terreur,
Mais n’invitent pas le printemps
À refleurir nos champs.

Nos paysan∙nes tombent à terre, nu∙es,
Toujours plus précaires et plus délaissé∙es.
Terrien∙nes abattus jonchent la terre battue :
Relevons-nous, relevons-les !

Que ceux qui sont au sommet
Tombent de leurs nues méconnues,
Quittent leur Eden malhonnête.
Espérons qu’ils atterrissent
Sur la bonne planète…

Texte n°16 – Complaintes d’une terre abusée

Les grands industriels néfastes n’ont aucune pudeur
Ils abusent de mes compétences en bienheureux;
Telles des capitalistes surexploitant ma valeur,
Je les sens me consumer à petit feu.

Les pesticides imposés au creux de ma chair
Se gorgent avides de mes délicats entrailles;
Et les fermiers impuissants constatent mon essence se défaire,
Et succomber aux choix indécents de ces canailles.

Le gouvernants flanqués de ténébreuses intentions
Se fabriquent sur mon dos un bussiness florissant;
Ils intensifient mes rendements sans trêve ni compassion,
Et m’offre au supplices amères de la pollution.

Mes propriétaires directs ont beaucoup de rancune
Ils se pavanent en colère de ces manœuvres inopportunes;
Emettent des revendications écologiques pour leurs ouvrages,
Afin qu’une production saine et modérée redevienne leur apanage.

Texte n°17 – Ma terre de misère

J’ai vu ma terre dans un remue intense craindre sa fatigue
Et les crapules pourfendre les gestes sobres de nos aïeux;
J’ai vu ma terre dans le chaos immonde où croupit son intrigue,
Quand sont dépravées ses ressources qui disparaîtront sous peu.

J’ai vu ma terre sombrer dans une mécanisation trop rapide
Infiltrée par des grands groupes aux desseins perfides;
J’ai vu ma terre dans une ère nouvelle de plantes hybrides,
Instaurées par ces géants à l’esprit trop cupide.

Glyphosate et engrais polluants lui sont enfournés
Elle suffoque de céder à des gestes transgeniques qui la modifient;
Maltraiter dans sa substance précieuse et vivifiante dénaturée,
Elle s’engouffre dans le fardeau de cultures intenses qui l’asphyxient.

Des lois délétères lui dessinant des missions exagérées
Elle n’a d’autres choix que satisfaire des productions acharnées;
Impossible de glaner du respect dans cet enjeu capitaliste effrayant,
Ma terre n’a d’avenir que sa texture écornée par des acteurs dominants.

Ma terre usée frémit à l’idée de son futur salut
Quand des méthodes crasses conjurent ses naturels attributs;
Ils savent y user de leurs techniques inhabituelles,
Qui la réduisent à une servante sacrifiée sur leur autel.

Texte n°18 – Ma terre dolorosa

Ma terre est en sous-France
Se taire est un possible
Se réduire au silence
Ou crier, être audible
On marche sur la tête
Tête-brèche et revêche
Le crier à tue-tête
Notre terre se dessèche
Le monde tourne pas rond
Leurs profits au carré
On est leurs tâcherons
Comm’ herse triangulée
À quoi rêver encore
Ils ont tous les pouvoirs
empoisonner les corps
effacer les grands soirs
Des landes et bruyères
Ne restent que des friches
La terre sera légère
On retourne à la niche
Au ras des pâquerettes
racines des pissenlits
Ils nous comptent fleurette
aux dépens de la vie
L’addition est bien lourde
On remet nos deux mains
sur les oreilles sourdes
Qu’importe les lents demains
La terre gît versée
la terre minée
Se taire assez !
La terre…
Ma terre dolorosa

Texte n°19 – Mots… dire

Je ne tais plus mes maux
La terre souffre bien trop
Elle vomit son plastique
Son dérèglement climatique
Elle n’est plus bleue comme une orange
Embellie par les mots des poètes.
Se taire semblerait étrange
Dans ce qui devient un mal- être
Car si tout devient poussière
Il faut pourtant penser
Que sans notre mère nourricière
On ne pourrait exister…

Texte n°20 – Terre pamphlétaire

Cultures effrénées deviennent une vile préférence
À cause de techniques inédites et produits étranges;
Qu’on insère dans mes sols modifiés qui perdent la cadence,
D’offrir des moissons sans précipitation, pour donner du change.

Il n’y a plus la douce patience des saisons amènes
Car de grands producteurs véreux se hâtent de gains pressants;
Mes racines s’engorgent de substances chimiques cancérigènes,
À côté, les petits agriculteurs se sentent menacés et à cran.

Il me ravit de les voir nombreux
se manifester
Dans un ras-le-bol collectif pour sauvegarder mon bien-être;
Et toutes ces autoroutes et lieux barricadés,
Sont une indignation pour une écologie urgente mise en berne.

Leur imaginaire n’accepte plus la folie de méthodes dangereuses
Ils savent les revers des pratiques aux récoltes nombreuses;
Ils s’inquiètent des méfaits d’OGM surconsommés,
Et ripostent contre un système qui favorisent les profits contre leur santé.

Texte n°21 – Terre du nord

J’aime tes forêts et tes lacs,
J’aime tes champs et ton ciel.
Non c’est pas le Connemara,
C’est un tout petit peu plus bas.
C’est le nord de la France,
C’est là d’où vient ma force.

J’aime tes routes et tes chemins,
Tes départementales et tes trains.
J’aime tes habitants, leurs trésors,
Ce qu’ils ont dans les mains
C’est le sang et l’or
De ta terre, de ton corps.

Et l’amour fleurit dans les corons,
Le souvenir des mineurs de fond.
Ritals, polacks ou maghrébins,
Ils étaient tous noirs à la fin
De la journée au fond de la fosse.
Il fallait bien nourrir les gosses.

Terre noire de charbon, mon amour,
Pour diamants des topinambours
Qui poussent le long des chemins,
Arrosés à la pisse de chien
Et des gamins qui jouent au foot
Dans les fossés le long des routes.

Aussi sales que leurs paternels,
Leur avenir sera pareil :
Tous à la mine ou à l’usine,
À la chaîne ou aux berlines.
Une vie noire sous un ciel charbon,
Oui la voilà ma région.

Texte n°22 – Paradis perdu

Il est un lieu spécial dont je tairai le nom
Traversant les montagnes en rêvant d’évasion
Je tombai par hasard sur un vrai paradis
Loin du travail usant et d’une ville abrutie.
Petit lac de montagne à presque deux mille mètres,
Sa rive est un gazon, un coussin de bien-être.
Si l’herbe est aussi rase, c’est parce qu’elle est broutée
Par de grands chevaux bruns libres et non bâtés.
On les appelle Potioks, on les identifie
A leurs crinières blondes, leurs présences amies.
Leurs museaux vont chercher, poussant, léchant vos mains
des restes de repas ou un quignon de pain.
L’eau du lac, claire et pure, j’apprécie d’y plonger.
La fraîcheur vivifiante me permet de nager
tout en me remplissant d’énergie pour longtemps.
J’en ressort détendu, paré pour tout, content.
Je me sèche au soleil, sans tissu, juste nu,
Serein, tranquille, heureux à déguster la vue
Des vallées nuageuses et des sommets dorés.
Ce lieu si important, comme je l’ai adoré.
Mais un jour j’ai parlé et lors de mon retour
Un monceau de papiers  souillait les alentours
Je n’ai pas supporté mon coeur a fait un bond
Alors dorénavant, oui, j’en tairai le nom.

Texte n°23 – Terre à taire

Sous le ciel étoilé, la Terre murmure,
‘Terre à taire,’ un thème qui perdure.
Elle porte les secrets du vent et de l’eau,
Invitant chacun à l’écouter, sans défaut.
Les champs parlent de saisons révolues,
Les montagnes murmurent des histoires accrues.
Dans ce silence, un écho résonne,
L’essence innée de la vie, sa médium.
Mais l’homme, parfois, impose sa voix,
Taire la Terre, lui voler sa joie.
Écoutons plutôt, dans le calme des terres,
Le doux chuchotement des arbres, des pierres.
‘Terre à taire,’ une invitation à comprendre,
Que la nature, en silence, peut tout apprendre.
Respectons son langage, écoutons ses pleurs,
Car dans ce silence, naissent les meilleures heures.

Texte n°24 – Sourde

Désarticuler
pour comprendre
où se trouvent
les traces anciennes
d’un chemin solitaire.
Rencontres fulgurantes
ou fugaces,
regards posés sur
ou dans,
les yeux d’un
autre aimant
lui aussi être là,
elle aussi poser pieds
et mains et genoux.
Puis se taire.
Articuler
des mots en forme
de gestes,
de lèvres prononçant
mélodie improvisée
dans la demi-lumière
du soir,
les sons profonds
du tréfonds de la terre
mêlés
à ceux de la ville
si bruyante
et si sourde. 

Texte n°25 – Rien sans elle

        Rien sans elle
Restera-t’il un jour sans catastrophe
Pour vous la détruire semble fastoche
La terre finit par subir les conséquences
Sans un mot, pourtant elle contient une belle éloquence

La détester, c’est vous qui l’abîmez
Sans humilité
La terre finit toujours par se l’a fermer
Alors que c’est vous qui devez arrêter

La Terre doit se taire
Alors que c’est une machine de guerre
Avec tous ces beaux paysages bleus
Mais vous finissez toujours par fermer ce beau milieu

L’abîmer, la tuer c’est tout ce que vous recherchez
Pourtant c’est grâce à elle que vous existez 

Texte n°26 – Mer Désolée

Depuis mon promontoire,
J’aperçois la mer.
Cimetière d’un soir,
Où demeurent mes pairs.

Serai-je le prochain ?

Puissantes gerbes écrasées
Sur leurs silhouettes fragiles.
Quelques vagues pour broyer
Nombre de pensées futiles.

Quand viendra mon tour ?

Ma maison a coulé,
Comme celles des voisins.
Sombré avec le quartier
Dans un enfer certain.

Lorsque paraîtra le matin,

« Errer » devenu mon credo
De dernier humain sur Terre.
Cet îlot bouffé par les flots
Parmi leurs marées amères.

Que je parte sans détour.

Je n’atteindrai pas l’aube,
Le torrent vient me happer.
À mes pieds se dérobe
L’empire que j’ai aimé.

Nul besoin de prière,

Quitter ma prison
Le vide m’attire.
Perdre la raison,
Dans un dernier délire.
Oublier le bruit,
Perdre mes souvenirs.
Abandonner la vie,
Laisser l’espoir mourir.

Lorsque disparaît la Terre.

Texte n°27 – A l’hymne symphonique du cœur

Dans ce cortex de routine sentinelle
Il sied à vivre cacher
Par le silence à correction polichinelle
Au non sérieux de notre intérieur tranché;

Tout quoi comme le jour, qui vient sans écho,
Il est beau de résider à l’oubli
S’exiler par une philosophie en quiproquo
Aux muables de ces décors affaiblis;

Vivre comme un mort
En respirant le bonheur sous ce trottoir à sans fin,
Car nous avons en plumage ce côté de mise hors
Dont en la subtile inexistence, nous achevons à la fin,

Que de notre corps à morfondre,
Puisons à en prendre de part plaisir
Pour ne serait ce que vivre sous l’ordre
D’un néant fantôme à attendrir,

Telle une âme, nous avons à sans parole,
Que de contempler les beautés marginales,
Nous parlantes sur leurs rôles
Par apparence sur ces utilités remarquables,

Face à ce monde du beau vent
Dans l’exécutoire à sans bruit paru
Dont les ténèbres se frappent au lent,
En cette souplesse paradisiaque mordue et tenue,

Nous avons à chanter des phrases vides,
A l’hymne symphonique du cœur,
Dont la quête est à revoir aux splendides
De pureté et douceur.

Texte n°28 – Sous le Sceau de la Terre : Les Murmures Oubliés

Terre à taire, secrets enfouis sous le sol,
Des histoires non racontées, des mystères qui frôlent.
Sous le ciel étoilé, la terre garde ses secrets,
Des murmures silencieux, des énigmes discrètes.

Dans les profondeurs de la terre, des trésors cachés,
Des vestiges du passé, des souvenirs enlacés.
Les racines des arbres, témoins silencieux des âges,
Écoutent les murmures du vent, les chants des sages.

Terre à taire, gardienne des secrets oubliés,
Des histoires inscrites dans la roche, des légendes imprégnées.
Sous la surface tranquille, un monde en éveil,
Des murmures de l’histoire, des récits sans pareil.

Écoute le murmure du sol, la voix de la terre,
Elle chante les balades du passé, les chants des mystères.
Terre à taire, en son sein réside la vérité,
Des récits oubliés, des légendes à jamais.

Dans le silence de la nuit, la terre murmure ses secrets,
Des histoires anciennes, des légendes qui se perpètrent.
Terre à taire, gardienne de nos mémoires,
Dans ses profondeurs sombres, réside notre histoire.

Texte n°29 – Exsangue !

Convoitée, malmenée, ignorée,
Prise de guerre ou laissée en jachère
Telle est ta destinée…

Selon que tu es riche et fertile
De pierres précieuses, de métaux,
Ou bien de végétaux
D’agrumes juteux, de tubercules,
De légumes variés ou de fleurs parfumées

Selon que tu es aride et stérile
Emplie de cailloux, de graviers,
De sable, de calcaire,
Sans points d’eau, sans cultures
Dépourvue d’attraits, de bénéfices à tirer

Nos mains te souillent, t’abîment
Sans aucune vergogne
Déversant solvants et poisons à foison

Amnésie, parodie, comédie,
Odeurs de paille et de fumiers
Sans tes entrailles, adieu nos belles ripailles

Gronde, gronde, gronde
Tremblez, tremblez, tremblez
Il est l’heure des sanglots longs…

Texte n°30 – Soldats de la terre

Soldat, laisse exprimer cette haine

Continue ton alpinisme

Et n’oublie pas, quoi qu’il advienne

De camoufler la culture de ce traumatisme



N’oublie pas cette belle âme

Qui a juste besoin d’une flamme

Soldat, laisse cette colère

Cette colère, laisse la s’abstraire



Pourquoi continuer de vivre

Alors que l’idée de la mort m’enivre

Texte n°31 – A mon cher palais nocturne

Les graines aux vents de l’hiver, s’envolèrent
Les mots furent derrière elle, leurs répugnances persistèrent
Allongée dans l’infini de la terre ramoule, le regret lui revenait
Récoltant le reste des anciens ricanements pressé 
Grise de bonheur, la chaleur lui manquait 
A quoi bon elle qui l’avait laissé fièrement de son plein gré
Le destin ne l’abandonnera pas, La pluie s’abattait sur elle, 
Les puanteurs maronnées coulant sur ses joues 
Loin de là des briques poussaient de sol, d’autres lui tombaient du ciel
Essuyant désespérément la boue s’amassant sur une vielle robe d’acajou
Indélébile formant le coin de ses lèvres, un trait d’un rouge artériel 
Le froid de la nuit sombre s’infiltrant sous les pores de sa peau
Mis à nu, elle se mis usant ses derniers fracas de verres vitaux
Silencieusement demeurant, les blocs s’empilèrent de tous les côtés
Bruyamment gouttes claquais les unes après les autres prêtes à l’achever  
Construisant, une simple demeure, le clair de lune abattu 
Déchirant seule, les derniers bouts de son visage givré 
Coincée dans l’impuissance noir du temps révolu. 

Texte n°32 – Saisonnières

Vidée, à bout d’idées

Crispée, il faut
pâlir ses pensées
Régler et peser
le moindre doute,
le soulier, et en dessous la croûte
Fioul ou mazoute

L’espace indélébile
Des peines crédibles
En automne, naquissent les vieilles pharmacies

Assise aux Assises
Je suis coupable
Mais non moins inlassable
Il est si loin le printemps
Mais pour le moment
Je reste le gardien
De ce sacré jardin
Pour l’instant
Je m’occupe du terrain
Et le moment venu
Je céderais mes craintes
L’odeur infecte et crue
La distance entre mes mots et les siens
Je me plie aux intempéries
Pour le moment, je prendrai mon temps.

Texte n°33 – Terre minée

Femmes  et hommes unis  dans l’âge de faire
Frustrés par leurs insatisfactions éphémères
Sucent sans cesse le sang des mers et des terres
Œuvrent désunis à leur destin délétère

Pécunieux et bobo à l’esprit douteux
Tous les deux fielleux de la sagesse du gueux
S’offusquent sur les mots mais s’allient sous les cieux
Les monarques bénissant leurs plans de leurs vœux

Terrien servant ses desseins avant le bien
Au nom de sa doctrine, ruinant les siens
Jure que l’artificiel clora la faim
Une fois l’intelligence ôtée aux humains

À défaut de solution l’illusion
Plus de carbone mais l’extraction des ions
Dans tous les esprits règne la confusion
Prophétie d’une misère à profusion

La terre se moque des idées mortifères
Forte de bien des misères avant notre ère
Un jour,  les humains forcés enfin à se taire
Choisiront d’en faire l’Eden plutôt qu’enfer

Texte n°34 – roi du silence

Déboussolée dans ce monde muselé, je cherche à m’isoler. On dit que je suis trop authentique, que je manque de tactique. Il se dit de l’Homme qu’il est trop nature, alors il se gomme sous des armatures. Cachons nos exubérances, surtout taisons nos différences ! Mais derrière les apparences, c’est Ie roi du silence qui en secret, balance. Alors je mène ma propre guerre, je n’oublie pas mes repère, dans cette terre à taire.

Texte n°35 – Mots pour maux

Puisque les combats sont inégaux
Dans les déroulés, les importances
Que ceux contre les actes illégaux
Recèlent une âme pleine d’un fort sens

Que la liberté doit s’acquérir
Même si elle ne le devrait pas
L’humanité doit encore guérir
Pour ne pas périr de mauvais choix

C’est pourtant en mordant la poussière
Que les cris font route dans les gorges
Ces cris si forts qui repoussent hier
L’avenir dans les discours se forge

Quand les chaînes sont brisées mollement
Mais que l’harassement atterre
Il faut encore viser follement
Ne jamais passer de terre à taire

Texte n°36 – Terre à taire

Il fallait les faire taire,
Ses cris de détresse dérangeants,
Alors, on les a mis face contre terre,
Pour les noyer dans le ciment.

On a laissé faire la poussière,
Plutôt que de se salir un tant soit peu.
On a docilement récité nos prières.
Puis, on a fermé les yeux.

On a enfilé soigneusement nos œillères,
Pour ne pas voir leurs visages dans le vent.
C’est tellement plus simple d’ignorer la misère,
Alors, on a sorti le sot sourire à faux-semblant.

On s’est assis sur nos chaires, dos tournés à l’enfer,
Indifférents aux appels étouffés dans la boue.
On distribue, soit disant, la bonne parole aux chaumières.
En réalité, on tremble, que ces voix nous mettent à genoux.

Texte n°37 – Silence quand ?


je veux qu’ils arrêtent de crier
les lombrics dans le bac à compost
et les mouches de terreau qui grimpent entre les racines
je veux les écraser entre mes doigts pour enfin avoir la paix
je veux que mes os se taisent
que les plantes poussent en silence ou meurent mais qu’elles arrêtent de grandir comme
ça dans mes oreilles quoi c’est 
insupportable
le vacarme de la rosée tous les matins la cacophonie des pierres humides le brouhaha
des cadavres qui se décomposent sous l’humus la sève qui gronde sous l’écorce je les
entends tout trop à travers le double vitrage à travers le béton à travers le goudron
que ça s’arrête

s’arrête



s’arrête

Texte n°38 – Terres racines des souvenirs

Je me souviens du grand jardin de ma mamie
Des haricots récoltés avec mon papi
Équeutés dans la cuisine aux mille mixtures
Le journal plié au sol pour les épluchures
La petite poubelle bleue pour le compost
Des heures simples passées fidèles au poste
Ces douces confidences liées à leur côté
Ce temps perdu qui tel un voleur a filé
Je me souviens des allées de terre garnies
Des fruits des légumes et du temps infini
Devenus soupes partagées les soirs d’hiver
Dans ces assiettes creuses aux motifs bleu vert
Accompagnées de vermicelle et d’alphabet
Devenus salades sucrées des soirs d’été
Dans ces moments hors du temps emplis de secrets
Ou de longues parties de belote endiablées
Je me souviens des fleurs plantées avec ma mère
Dans un autre jardin si proche de la mer
Creuser semer couvrir arroser patienter
Sourire devant les couleurs et senteurs nées
La première maison n’est pas vendue
Mais la propriétaire n’y vit plus
La seconde l’est depuis vingt années
Depuis ce jour où j’ai déménagé
Aujourd’hui dans mon jardin rien n’est cultivé
Dans le placard des soupes du supermarché
Le temps a passé apportant ses changements
Papi parti Mamie mange péniblement
Mais une nouvelle génération grandit
Et réapprend avec une profonde envie
À ne plus taire sous terre ces doux trésors
À déployer ce que le sol a de plus fort
La terre de nos ancêtres a toujours été
Du plus profond de notre chère humanité
Des racines aux rêves les plus ébahis
De l’évidence à l’exubérante folie
Oui la terre et ses denrées ont toujours été
Ces vérités se doivent d’être protégées

Texte n°39 – Vigie

Je suis ce grain de folie
Sans prise de tête
Géniteur d’émotions
Humeur de terre

Je suis jardinier de ses nuits
Bulbes d’envies
En quête de paraboles

Entre le jour et la vie

Je suis navigateur de ses larmes
Joue contre joue
Débiteur de maux

Conquérant à toutes heures

Je suis le parolier de son âme
Souffleur de joies
Goûteur de déraisons

A l’agonie des destins
Paratonnerre de tes ombres
Passeur de silences
Je reviendrai aux origines
A la terre de toi

Texte n°40 – En Terre Capitale

On fait bruler la flore, crever la faune

Mais ça n’dérange pas trop Elon.

Ni les patrons qui font des biftons,

Qui se dandinent dans des blousons Vuitton.

Les actionnaires solidaires coopèrent

Sur des plateformes pétrolières, ils font chiffrer.

Les terres solitaires se font décimer,

Les poussières d’azote dans l’air dispersées,

Les matières polymères disséminés

Dans la mer qui perd toute son essence.

Les rivières polluées à l’essence,

Peu importe, Total s’en fout plein la panse.

On n’pense pas au monde, juste à la France,

On n’est pas le pays qui peste là,

Tant qu’on roule dans nos Teslas,

On oublie les rafles en Afrique,

La misère des familles faméliques,

Aux rêves éphémères perdus sous la lumière

Des bombardements des guerres incendiaires.

Les cendres d’enfants sous les pleurs des mères

Qui désespèrent de voir des militaires aux fausses prières

Tuer la sagesse des pères et de leurs ancêtres,

Sur des vastes étendues sans endroit pour paître.

Pétris tous ensemble de bonnes intentions,

On pourrait mettre en branle de bonnes actions,

La fin des crises et leurs incessantes courses,

Mais ça n’fait pas monter les actions et la bourse

Vaut mieux faire mourir les plantes vertes et les feuilles

Plutôt qu’avoir des ventes à perte et vider les portefeuilles.

On nous parle de voitures électriques, de tri, d’écologie,

Mais dans les différents pays restent la même idéologie,

Celle qui tue notre planète pour faire du profit.

Alors je ne changerais pas le monde avec ma poésie

Je sais bien que mes paroles ne sont que poussière

Et qu’après tout j’aurais mieux fait de me taire. 

Texte n°41 – La faim justifie les moyens

Qui croit à la misère qu’il ne connaît pas ?
Les repus qui savourent leurs orgies dorées,
Les heureux qui goûtent aux joies édulcorées,
Se réservant le trépas pour dernier repas,

Les satisfaits qui jouissent de l’Ici-bas,
Les intéressées et les vierges déflorées,
Les femmes éplorées devenues dépravées,
Qui se moquent du jour où sonnera le glas.

La déchéance, cette douleur sans pareille,
Ne peut être guérie que par celui qui veille
Pendant que tout le monde dort d’un sommeil d’or.

Dehors, il subit sa disette sans génie,
L’amant des Muses et sa plume à l’agonie,
À la recherche de Phébus et son trésor.

Texte n°42 – L’art bredouille

Il a planté sur le sol en marbre
Rutilant, réticulant un arbre
Redonnant ici des corps en vie
Et les sens dépassant à l’envie
Sa cime encore avec propensions
Pourront – croyait-il – probablement
Irradier de bonheur, d’attentions
Rien que le chœur des gens gentiment ;
Alors hanté, resté terré seul
Broyant du noir, chutant sous ses feuilles
Le grand végétal se fit linceul
En couchant planteur et porte-feuilles.

Texte n°43 – Terre à Taire : Planète à Écouter

Elle…

Elle supporte le poids,
De chaque pas qui lui manque de respect.
Nous rappelle discrètement qu’elle est là,
Nous, qui avons tendance à l’oublier.

Elle observe les crimes,
Ceux qu’on appelle « contre l’Humanité ».
Nous voit plonger dans les abîmes
D’un monde en train de surchauffer.

Elle tourne sur elle-même,
Afin de tenter d’oublier…
Que des humains meurent en mer,
Sans atteindre le rivage dont ils rêvaient.

Elle…

Elle danse avec toi, et moi,
Quelque soit ta classe sociale.
Expliquez-lui depuis quand et pourquoi,
L’argent est devenu si capital…

Elle donne toutes ses ressources,
Alors on l’a cru inépuisable.
Nous, qui commercialisons l’eau de source…
Perdant ainsi tout sens moral.

Elle…

Elle garde le silence,
Parfois tremblante sous nos pieds.
Nous souffle de ralentir la cadence,
Il est plus que temps de l’Écouter.

Texte n°44 – Terre à taire ?

La Terre est une
Qu’on soit du Nord ou du Sud
Comme nous elle est en mouvement
Tantôt rapide ou Tantôt lent
Un côté face, un côté pile
Qui tour à tour se compile
Les cycles uns à uns s’alternent
Peu à peu les zentiments, l’envie reprennent
Ne cédons pas au désespoir
Il n’est pas l’heure de se dire au revoir
Suivons les règles qui nous gouvernent
Ecoute, respect, soin, bonté…
Et la Terre sera peut être pérenne
Tous ensemble faisons preuve d’intelligence et de bonne volonté

Texte n°45 – Mine

Cernée par l’affliction environnante,
Les obscures circonstances me piègent.
Je crie, je gronde, je siffle, je chante ;
Amère, mes tards dilemmes m’assiègent.

Je brûle de ce prasin, négligé.
Et moi, je n’appelle qu’à reculer.
Si muselée, si hâve pour lutter.
Ils sont trop prosaïques pour changer.

Texte n°46 – SOS depuis la terre

Dans cet écosystème bruyant,
J’entends le silence de la terre,
Qui chuchote ses quelques mots
Écrits à une plume sans encre, dont
Les iris attentifs en sont témoins.

Confidente de,
L’acte de naissance de la vie,
De l’intimité de l’obscurité,
De ses murmures esseulés,
Des corps muets qu’elle allaite,
Elle détient la bibliothèque de l’occulte.

Dans cet écosystème immoral
J’entends les plaintes de la terre muette
Qui crie dans le viol
De ses hommes dits amoureux d’elle
Malgré l’extase de son corps.

Dans l’harmonie de la brise
Elle suit ces pas de danse,
Rend joyeux le ciel,
Par son architecture,
Et ses ornements végétaux.
Terre à taire,
Et demande à Thémis, de jeter son bandeau!

Texte n°47 – Silence la Terre tourne

Silence, la Terre tourne,
Elle danse autour du soleil, sans un bruit,
Elle s’élance dans sa révolution infinie
La technologie nous a donc rendu sourds ?
Les outils, les machines dont les cadences rythment nos jours,
Polluent nos nuits et contaminent nos rêves…
Vite vite, ll faut se réveiller !
Au loin, là bas, la Terre continue de tourner.


Elle nous présente ses autres faces, celles que nous avions oubliées,

Et son rire résonne dans l’espace pour ceux qui savent écouter.
Le Nord ne se perd pas plus qu’il ne se créé,
Il se transforme.
Il évolue…
Rien d’étonnant à se prendre un tel uppercut !

La Terre tourne en toute discrétion,
Mais qui y prête encore attention ?
Il faudrait que sa force centrifuge
Nous secoue tel un puissant vermifuge.
Elle se gratte, se tourne et se retourne
Mais plutôt que de s’arrêter,
Toujours elle se tait !

Nous allons trop vite, ses mots sont pour nous hors de portée,
Toutes les fusées du monde ne suffiront à les attraper.
Délicates touches de couleur projetées dans un immense univers,
Douce palette d’émotions en germe dans l’atmosphère,
A l’attention de nos cœurs.
Ils parsèment l’espace,
Leur champ de liberté,
Dessinent des horizons où le temps a le droit de s’arrêter,
Des horizons dans lesquels on peut entendre pousser les fleurs.

Texte n°48 – Sans titre

La terre sait se faire secrète :
Déméter découverte, pleine de mystères,
Qui se leste, s’habille et s’apprête
Des eaux de l’éther qui s’acharnent et s’enterrent.

Elle a l’aura d’une alchimiste sybyline,
Maniant la matière : par le sel et le fer
Elle sait faire magie des racines 
Et transformer en or quelques poussières ;

De ses murmures se dit que se crée
Un cercle de parole pour poètes muets
Prophètes inaudibles des charmes terrés
(Ceux aux renouveaux ne se lassant de muer) :

De l’éphémère beauté printanière
Qui sait à temps se faire oublier
À l’insolent silence de l’hiver,
Elle ne cesse de nous émerveiller.

Texte n°49 – Elpistopia

   Tout était blanc :
La terrasse de bois d’antan
Le ciel, bleu transparent
Le givre, enveloppant
La gelée, sucre glace sur le gâteau des prés
La brume, voile lénifiant
Les rayons réconfortants
La brise, murmurant
Le pas japonais, de pierres taillées
L’herbe, croustillant
Le lac, miroitant
La plume au vent
Et Eve,
Eve, blonde et pâle, contemplant le froid
Enracinée dans la pureté de la Terre

Texte n°50 – La terre va se taire

La voix de la terre raconte son histoire
Et sans mot dire, nous laisse découvrir la nôtre.
Pour survivre, aidons-nous les uns, les autres.

Les pluies, depuis leurs racines en ciel,
Nourrissent la terre goutte à goutte ;
Leurs larmes protègent la vie, coûte que coûte.

De mes mains, j’ai travaillé la terre,
Entre mes doigts, les mottes, j’ai écrasées
Pour abriter les graines et la vie leur donner.

Des lèvres caressent de belles cruches en argile,
Que nos mains avaient créées si belles et si fragiles,
Pour qu’on boit le vin, enfant du soleil et de la terre.

Depuis ses sombres profondeurs, où ils se cachent,
Les trésors naturels sont exploités sans relâche,
Alors qu’ elle nous nourrit de sa peau verdoyante.

Quand nous serons tous, couchés dans son ventre,
Partis à jamais et que la terre devra se taire,
Ce sera à nous de la nourrir et en vie, de la garder.


Texte de calibrage – Le réduit

Les corbeaux s’échappent des champs rendus muets,
Là où poussent les blés qui fondent sur la paille,
Les lendemains agités en épouvantails,
Maudissent la paix dans laquelle ils sont murés,

Je la surnomme planète “bleu de travail”,
Planète usine à l’ambition démesurée,
Où, bientôt seul, perdure le temps à tuer,
Il n’y en a qu’une, et aujourd’hui, plus de taille,

Dans les allées de soie que la vie a tissé,
On étouffe le murmure des évidences,
A la croire plus grande qu’elle n’est immense

Enfers aux bonnes intentions tapissées,
Écoutent, qu’à ne la laisser rapetisser,
Elle abandonnera, réduite au silence,


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Merci à Alep, BB2, D., Idéesdodues, Nicole, Roselivres, Thomas et un anonyme de m’y soutenir !

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