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Bonjour à toutes et tous !

Soixante semaines de Fais Dix Vers, ça commence à faire ! La fatigue et la maladie sont venues agrémenter la semaine. Pour compenser, je suis allé à la facilité sur les sujets, selon les inspirations qui venaient… Le texte « Fièvre » du mardi est écrit sous fièvre, c’est plus facile comme ça ! Cependant, le texte « passage piéton » du vendredi n’a pas été écrit sur un passage piéton.

Les versions audios sont disponibles en podcast juste à droite !

Bonne lecture !

Lundi 14/06/2021, Fais Dix Vers #298, Impro

L’impro commence comme un lundi,
Elle se termine comme un prodige,
Avec la douceur d’un candy,
Et l’intelligence de Cambridge,
J’aurais pu être universitaire,
Mais puni, j’perds cet air,
J’aurais pu être docteur,
J’aurais vécu d’autres heures,
Alors j’me soigne par la poésie,
En prenant des verres de cohésion,
Je recherche mon amnésie,
Pour que ces rimes soient mon évasion,
Alors s’il-vous-plait, rappelez moi… que dis-je ?
Cet air… Ce ne sont que mes pensées que je rédige. 

J’ai commencé cette semaine avec une impro a capella, comme un retour aux sources. J’ai renoncé à compter les vers sur les impros, c’était trop contraignant, d’autant plus qu’une fois que j’ai lâché « Elle se termine comme un prodige, », l’idée de terminer l’impro sur une rime en « dige » m’a complètement obnubilé !

Mardi 15/06/2021, Fais Dix Vers #299, Fièvre

L’esprit embrumé dans des vapeurs chloroformes,
Les objets dessinent des silhouettes difformes,
Le corps transi par cette chaleur qui m’étreint,
Automate rouillé fait d’acier et d’airain,
L’articulation frisonne, la langue hésite,
Les maux incertains que mes symptômes récitent,
Je bats d’un coeur de braise et d’une âme glacée,
Je ne sais lequel des deux il me faut chasser,
Leurré par la fièvre, j’en égare mon lièvre,
Il ne me reste plus qu’une poésie mièvre. 

Lendemain de ma deuxième vaccination, et mon corps a plutôt subi cette deuxième dose. J’ai donc simplement eu à me laisser porter par mon ressenti pour écrire ces quelques vers. 

Mercredi 16/06/2021, Fais Dix Vers #300, Spartiate

Dos au mur, j’lui ai fait face, j’suis dans l’dur dès la préface,
Ces murmures que j’efface pour que mon armure se défasse,
J’accumule le retard dans des combats perdus d’avance,
J’ai oublié de me battre pour ignorer la revanche,
Un esprit colérique que ma nonchalance panse,
Je ne fais le poids qu’à l’instant où la balance penche,
J’ai attendu qu’on m’coupe les ailes pour dire que j’voulais voler,
J’ai continué à jouer au rebelle alors que j’me faisais enrôler,
Optimiste désabusé qui recharge des obusiers d’espoirs,
J’reviens avec mes défaites à la charge pour leur donner un goût d’victoire.

Un thème proposé sur instagram par @thomasgreynote et @florent_beauvois_page_auteur, et pour le #300, je m’attendais bien à ce qu’on me le propose !
J’ai longuement hésité avant de savoir quoi faire de ce thème. L’évidence aurait été de faire référence au film et à la bataille des Thermopyles en 480 avant notre ère, lors de laquelle une poignée de Spartiates tenta de bloquer l’avancée des Perses de Xerxès Ier. On l’oublie trop souvent, mais des soldats de Thespies se sacrifièrent aussi.
Cette bataille est néanmoins une victoire Perse qui leur ouvre les portes de la Grèce. Ils prendront ensuite Athènes mais seront défaits sur mer à Salamine et sur terre à Platées.
J’ai donc logiquement construit ce texte autour de cette notion de défaite dont on fait un symbole de victoire.

Jeudi 17/06/2021, Fais Dix Vers #301, Sourire

Les grimaces tremblent sur les trottoirs de ma rue,
Alors que les yeux semblent peiner à retrouver la vue,
Des lèvres rosées, des dents blanches ou jaunies,
Des joues creusées ou de pommettes franches, rajeunies,
Les sourires sont timides comme s’ils bravaient un interdit,
Ils s’affichent dans les rides pour en prendre l’interstice,
Ils remplacent nos silences, la pudeur des non-dits,
Ils prennent un pas d’avance dans des rumeurs complices,
Le bonheur de nos hôtes partagé par ses apôtres,
C’est un masque pour un autre, mais ce masque c’est le nôtre.

L’obligation du port du masque dans la rue étant levée, les sourires fleurissent à nouveau sur les trottoirs de béton. 

Vendredi 18/06/2021, Fais Dix Vers #302, Passage Piéton

C’est un coin de rue à un carrefour de village,
Non loin d’une grue, d’une route toute en virage,
La place trépigne, les phones s’frottent les rétines,
Les glaces des vitrines clignent et les pieds piétinent,
Au bord du bitume zébré de ces lignes blanches,
L’écarlate s’écarte et le déplacement s’enclenche,
Les regards se détournent de cet insignifiant boitier,
A peine aperçu celui venu dans la seconde moitié,
Rouge de colère dans sa lumineuse paralysie,
L’histoire d’un petit bonhomme, vert de jalousie. 

Ce thème mérite une petite explication. Après une longue période sans publier de nouvelles sur le site, j’ai fini par poster « Jalousie, ou l’itinéraire d’un meurtrier » hier, récit que je vous recommande d’aller lire, évidemment ! Et je me suis dit que ce serait une bonne idée de lier mon slam du jour à cette publication. La principale difficulté étant de ne pas divulgâcher le déroulé de mon texte.

Mais là où tout ceci est d’autant plus amusant, c’est que cette nouvelle est elle-même inspirée d’un slam écrit sur un coin de table poisseux il y a quelques années dans le cadre d’un festival de court-métrage. Vous suivez ? Slam qui ne sera finalement pas utilisé et que je vous partage maintenant, et qui divulgâche un peu plus les choses.

Je ne suis qu’une silhouette figée,
Las dans ma boîte
De leur mouvement l’effigie,
C’est mon pas qu’ils emboitent.
Devant lui ils s’arrêtent,
Quand c’est moi ils passent,
Devant lui ils s’apprêtent,
Moi ça me dépasse…
Devant moi ils fuient,
Quand c’est lui ils restent,
Devant moi, pas un bruit,
Quand c’est lui, je peste,
Je brille jour et nuit,
Sans intelligence,
Je me noie dans l’ennui,
Dans leur indifférence,
J’voudrais être lui,
Ce rouge qu’ils regardent,
Moi aussi je luis,
Mais personne ne s’attarde…
Lui feint de m’ignorer,
Ne me prête pas attention,
Collègue muet,
Je sens monter la tension,
Piétons de passage,
Une voiture au virage,
Un gamin pas sage,
Fauchée la fleur de l’âge,
Faute professionnelle,
Retard d’allumage,
Gros titres sensationnels, 
J’me vois à l’image,
J’voulais juste faire différent,
Qu’une fois on me remarque,
Qu’ils cessent d’être indifférent,
Pourquoi toutes ces sirènes débarquent ?
J’me suis allumé trop tôt,
Juste une fois pour  changer,
Ils m’ont enlevé du poteau,
A jamais rangé.
J’me suis allumé trop tôt,
Juste une fois pour  changer,
Ils m’ont enlevé du poteau,
A jamais vengé.


Pour retrouver mes « Fais Dix Vers » du lundi au vendredi, ça se passe sur instagramDeezerSpotifyItunes Podcast ou encore Podcast Addict ! donc n’hésitez pas à m’y suivre ! Sur Instagram, vous pourrez me proposer vos thèmes !


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